Transgression des normes sexuées et violence symbolique. Itinéraire de jeunesse d’une sportive, Marie Marvingt (1875-1939)

Numéro 8 | Sport et Genre

pp. 48-61

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Evelyne Combeau - Mari

Professeure en Histoire contemporaine, CRESOI (Centre de recherches sur les sociétés de l’océan Indien), EA 12, Université de La Réunion
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Valérie Boulain

Docteure en Histoire contemporaine, CRESOI (Centre de recherches sur les sociétés de l’océan Indien), EA 12, Université de La Réunion

Résumé

Notre article se centre sur l’itinéraire précurseur d’une sportive nancéenne issue de la bourgeoisie provinciale, sous la Troisième République, Marie Marvingt (1875-1963). Nous y observerons les formes de transgression à l’œuvre dans son parcours original. Par le risque et l’expérience d’une mort imminente, Marie Marvingt exprime dans une forme de violence, peut-être ultime, à l’encontre d’elle-même et de la société, son refus des interdits imposés aux femmes de sa génération et de sa condition. Son franchissement des limites par le sport et l’aéronautisme revêt alors, sans qu’elle l’ait vraiment souhaité, un caractère politique et ses passages à l’acte, qualifiés d’héroïques par la presse, notamment au moment de la Grande Guerre, participent dans le courant des années trente au renouvellement des représentations de la « femme française ». La démarche méthodologique tout en intégrant des éléments biographiques s’appuie sur l’étude de la presse sportive, féminine et généraliste.

Mots clés : Marie Marvingt - Troisième République - Transgression - Violence symbolique - Sports

Abstact

This paper focuses on the itinerary of pioneer Marie Marvingt (1875-1963) an athlete from the provincial bourgeoisie of Nancy who lived under the Third Republic. We shall observe the forms of transgressions present in her unique journey. Aware of the risks and the experience of an imminent death, Marie Marvingt expressed in a form of ultimate violence towards herself and society her refusal to comply with the interdictions imposed on the women of her generation and condition. Perhaps without having really wished it, her going beyond the limits in sports and aviation then became a political stand, and her moving into action, which was, at the dawn of the Second World War, considered heroic by the press, partake of the renewal of the representations of the "French Woman" in the thirties. The methodology, though including biographical elements, rely on the study of the sporting press but also the feminine or general press.

Keywords : Marie Marvingt - Third Republic - Transgression - Symbolic violence - Sports

Resumen

Nuestro articulo se centra sobre el itinerario precursor de una deportista nancéenne nacido de la burguesia provincial, bajo la tercera republica, Marie Marvingt (1875-1963). Observaremos allí las formas de transgresión a la obra en su trayecto original. Por el riesgo y la experiencia misma de una muerte inminente, Marie Marvingt expresa en una forma de violencia, posiblemente última,  en contra de él mismo y contra la sociedad, su negativa de los entredichos impuestos a las mujeres de su generación y de su condición. Su paso de los límites por el deporte y el aéronautisme reviste entonces, sin que verdaderamente lo hubiera deseado, un carácter político y sus pasajes al acto, cualificados heroicos por la prensa, particularmente en el momento de la Gran Guerra, participan en el trascurso de los años treinta en la renovación de las representaciones de la " mujer francesa ". El gestion metodologico integrando elementos biograficos se apuya en el despojo de la prensa desportiva, femenina y generalista.

Palabras Claves: Marie Marvingt - Tercera República - Transgresión - Symbolic violencia - Deportes

Introduction

"Vous ne prétendez tout de même pas que je suis une femme comme toutes les autres !" réplique Marie Marvingt à un journaliste venu l’interroger à la fin de sa vie.

"Lorsque je fis mes études au couvent Sainte-Chrétienne à Metz, ma vocation se joua : je décidai de faire mieux, encore et toujours.1"

À l’âge de soixante-quinze ans, Marie Marvingt2 place toujours au cœur de son discours, la question, chez elle fondamentale, de la différenciation et de la distinction. Sortir du groupe, des attendus, des normes qui fixent les identités et les hiérarchies sociales, constitue une ligne directrice pour cette femme qui se réclame singulière. Cette logique l’entraîne à relever les défis, rechercher la performance, nourrir les exploits et le record par le sport. De la Belle Epoque aux Années Folles, elle court, ne cessant de repousser limites et seuils. Elle incarne alors, selon l’expression journalistique, la figure de la "fiancée du danger" 3Cette sportive multidisciplinaire ne s’interdit aucun terrain de jeu et la presse ne boude pas son plaisir, propageant et amplifiant ses coups d’éclats3 à grand renfort de superlatifs et de formules admiratives. Elle est ainsi, au gré de ses passions du moment, le visage idéal de la nageuse, de la cycliste, de l’alpiniste, de l’aviatrice. Nonobstant les préjugés et déjouant les humiliations, Marie Marvingt assure le spectacle déployant ses talents sportifs et son goût immodéré pour la notoriété. Le sentiment de soi passe, pour Marie Marvingt, par la construction de son image. Sous la focale des agences de presse, comme Meurisse ou Roll dans les années 1910, elle pose devant la nacelle d’un ballon à l’hippodrome de Longchamp ou en tenue de ski à Chamonix. Cette mise en spectacle d’elle-même participe ainsi à la fois à un processus de construction identitaire et à un mécanisme de légitimation de la transgression par l’adoption  d’une posture  héroïque, extraordinaire. Marie Marvingt apparaît alors comme une exception à la contre-indication physiologique qui éloigne les femmes de l’aptitude à pratiquer les sports.

L’objet de notre étude tient précisément dans cet itinéraire précurseur fondé sur la transgression et l’affirmation d’une identité féminine dans et par les sports, univers réservé et dominé jusqu’alors strictement par les hommes. Notre démarche historiographique s’inscrit dans le prolongement de travaux universitaires dans le champ de l’histoire du sport (Terret, 2013) et croise les apports des gender studies (Scott, 1986). Depuis les journées d’étude sur le sport féminin organisées au CRIS en novembre 1994 par Pierre Arnaud et Thierry Terret (1996), nombre d’auteurs placent désormais au centre de leurs analyses du sport la question des rapports de pouvoir entre les sexes (Thébaud, 2004). La somme représentée par la publication en quatre tomes des actes du 11ème carrefour d’histoire du sport de Lyon (octobre 2004) (Terret & al., 2005) constitue une base de données incontournable qui rappelle à quel point l’institution sportive demeure une "citadelle masculine, une arène de la masculinité" (Terret, 2005, V.1, 9)., que seules quelques femmes transgressives peuvent ébranler.

L’intérêt pour cette trajectoire féminine d’excellence repose sur plusieurs arguments qui servent de corps à notre démonstration : son aspect véritablement pionnier, son engagement compétitif polymorphe fondé sur la prise de risque extrême, celle qui met la vie en danger. Enfin la médiatisation ambigue de son parcours éclaire sur l’évolution des mentalités. Pourtant issue de la moyenne bourgeoisie d’une société provinciale qui cantonne strictement le club et la pratique sportive à l’entre-soi masculin, Marie Marvingt découvre en même temps que les jeunes garçons de son âge les sports anglo-saxons (Mckay, Messner & Sabo, 2000). Sa rencontre avec les sports s’inscrit ainsi à contre-courant d’une époque qui place la virilité au centre des représentations collectives et des normes culturelles et sociales (Corbin, Vigarello & Courtine, 2011). Un nombre très restreint de femmes de sa génération et surtout de sa condition sociale osent l’aventure sportive dans sa version masculine, c’est à dire compétitive. Si quelques dames issues de l’aristocratie se mettent dans les traces de Mme Henriette d’Angeville en alpinisme (Ottogalli-Mazzacavallo, 2006) ou des sœurs Robert en natation (Velez, 2010), ces pratiques relèvent davantage de l’excursionnisme et des loisirs nautiques que du sport. Très peu, comme la Belge Hélène Dutrieu4 (1877-1961) ou vingt ans plus tard la très controversée Violette Morris (1893-1944) (Ruffin, 2004) présentent des profils sportifs. Ces différentes études éclairent véritablement l’état de la femme sportive à cette époque : une jeune bourgeoise dont le parcours atypique constitue l’excuse de ses débordements normés et, par ailleurs, prépare le lit de l’opprobre qui ne tardera pas à s’abattre sur celle qui dépassera par trop les bornes que les codes sociaux ont fixées dans l’imaginaire social. Plus encore, elles révèlent une genèse symétrique de ces femmes à l’endroit de leur environnement. Le cas de Marie Marvingt semble d’ailleurs particulièrement éclairant.

Comment, dans un tel contexte culturel et social, cette jeune femme issue d’un milieu peu fortuné parviendra-t-elle à se réaliser à travers le sport ? Notre enquête s’attache ainsi à repérer les différentes formes de transgression (Estellon, 2005, 150) des normes de la féminité en ce début de XXème siècle. Cette expression de désobéissance extrême révèle notamment le paradoxe d’une violence (Bourdieu et Passeron, 1970) à l'encontre du monde, de la norme sociale et à l’encontre du sujet. La transgression apparaît alors comme un double processus de rejet et d’incorporation des limites, dans une culture assumée du dépassement de soi (Quéval, 2004, 22). Par le terme "transgression", nous entendons l’idée de franchir et de s’affranchir des limites ou des règles sociales considérées comme acquises tout en souhaitant être identifié comme un élément réfractaire. La part assumée de l’acte contrevenant participe de l’identité mais elle n’empêche nullement à l’intéressée de subir le contre-coup de ses actes à travers des remarques et des brimades assimilables à des violences non-visibles qui induiraient une réponse sur le même niveau de registre perçu.

Les interdits, les réprobations sociales, facteurs d’infériorité, de négation identitaire et donc de souffrance (Braud, 2003, 35), s’avèrent insuffisants à décourager la jeune femme. Elle surmonte les obstacles, se lance dans de nombreuses activités sportives, s’appropriant des pratiques confisquées par les hommes. Par exemple, sa fascination pour la modernité technologique la conduit vers l’aéronautique au moment où certains hommes politiques influents, comme le patron de presse, Henri Rochefort, affirment que l’éducation des femmes et leur manque de courage les éloignent définitivement des sports mécaniques. Et quand la France entre dans la première conflagration mondiale, Marie Marvingt, déguisée car tenue de dissimuler son sexe, est aux avant-postes de l’aviation sanitaire.

La méthode utilisée relève de l’histoire contemporaine. Elle intègre des éléments biographiques collectés dans l’ouvrage bien documenté écrit par M. Cordier et R. Maggio (1991) mais dont il convient de mettre à distance le style hagiographique. Récemment Françoise Baron-Boilley (2013), soucieuse de valoriser l’exploit féminin a ravivé la mémoire des Lorrains en publiant un livre très illustré qui rappelle le parcours sportif pionnier de la Nancéenne. Ces données sont croisées avec un dépouillement complet du dossier "Marie Marvingt" déposé à la bibliothèque Marguerite Durand à Paris. La lecture critique du parcours de cette femme hors du commun s’appuie sur l’étude de la presse sportive, féminine et généraliste. Dans une première étape, nous avons consulté tous les articles rédigés par une Marie Marvingt journaliste à compter de 1908, dans les titres Sport et l’Eclair de l’Est, dans la presse régionale : L’Est Républicain, Courrier de l’Est, ou nationale : le Journal, l’Excelsior, le Petit Journal, sans omettre la presse coloniale : la Vigie Marocaine, le Petit Marocain. Dans une seconde étape, nous avons confronté ces sources et les avons contextualisées à l’aune des productions de presse de cette période qui s’adressent aux femmes, s’intéressent à leur statut social et aux loisirs de pleine nature et sportifs. Dans ce tri, quatre titres ont retenu notre attention. Nous avons privilégié trois journaux féminins, tout juste créés en ce début de XXème siècle à la tonalité et aux positions différentes en matière d’identité féminine : La vie heureuse (1902) et Fémina (1901) qui s’ouvrent aux loisirs féminins mais ne remettent pas en cause le statut de la femme et son rôle exclusif de mère et d’épouse et La Fronde (1905), journal militant féministe lancé par Marguerite Durand. La vie au grand air (1898) destiné à un lectorat mixte s’intéresse à la propagation de la vie active et sportive. Nous y relevons les références aux activités sportives des femmes. Il est clair qu’en mobilisant fréquemment le "reportage sportif ou d’aventure" comme genre d’écriture, ces quatre journaux encouragent une représentation nouvelle de la femme, qui suppose une forme de "virilité" assumée (Pinson, 2009). Dès la fin du XIXème siècle, le développement important de la presse offre à l’aventure féminine (Boulain, 2012) une tribune, en lui donnant à la fois une visibilité et les moyens financiers nécessaires à sa diffusion et à son expansion. Avec sa démocratisation (Samra, Bonvoisin, Maignien, 1986), le journal joue un rôle majeur pour structurer les catégories mentales, les perceptions et les pratiques "genrées" des lecteurs et des lectrices, favorisant l’éclosion de nouveaux modèles.

I. Oser le sport: pionnière et "recordwoman"

Née au lendemain de la défaite de 1870 d’un père receveur principal des postes et d’une mère au foyer, Marie Marvingt (Cordier et Maggio, 1991) passe l’essentiel de sa vie dans la région frontalière de l’Est de la France, à Nancy, baignée dans un climat de revanche. Si son père, grand sportif, profondément affecté par la perte de ses trois premiers fils, joue un rôle essentiel dans son attraction vers le plein-air et forge chez elle l’esprit de compétition, le désir de se surpasser, sa discrète mère lui inculque le goût de la lecture, et l’envie de poursuivre des études secondaires7. Avec le décès précoce de cette dernière, Marie est confrontée dès ses quatorze ans à la réalité féminine de son temps. Refusant la soumission liée à sa condition, elle rejette catégoriquement le destin tout tracé de femme d’intérieur et obtient une licence de lettres et un diplôme d’infirmière (Veillon, 2013, 6). Elle entreprend ensuite une première formation physique par les arts du cirque, orientation éminemment originale chez une femme de sa condition. L’exigence et la rigueur d’une éducation quasi militaire préfigurent ses apprentissages sportifs et techniques ultérieurs.

Faisant fi des oppositions des médecins, des pédagogues, des journalistes et des promoteurs du sport eux-mêmes, tel Pierre de Coubertin8 qui condamne sans appel les excès du sport et les possibles atteintes à la «fragile nature de la femme", Marie Marvingt s’engage résolument dans la pratique sportive et fait figure de pionnière. La presse généraliste, intéressée essentiellement à la propagande et à la mise en valeur des vertus naturelles des femmes, daigne reconnaître à la veille de la première guerre mondiale, en 1913, l’expérience physique et technique de la Nancéenne.

"La vie sportive de Melle Marvingt est la plus extraordinaire qui soit. Natation, cyclisme, alpinisme, aéronautique, aviation, équitation, gymnastique, athlétisme, escrime, jeux d’adresse, il n’est pas un sport où elle ne brille, et presque toujours au premier rang. Partout où il faut du sang froid, du courage, de l’adresse, à l’aérodrome, à la montagne, à la mer, à la salle d’armes, on la rencontre et on l’admire." 9

La natation constitue l’une des disciplines dans laquelle Marie Marvingt se distingue. Elle considère que l’activité est susceptible d’améliorer la condition physique et procure au corps féminin un développement harmonieux préservant la grâce et l’élégance.... Pour autant, elle s’astreint à un entraînement éprouvant pour prendre part à des compétitions, battre des records et se surpasser. C’est l’époque des grandes traversées fluviales et la Nancéenne remporte ses premières victoires sportives. Son discours conventionnel (Rio, 1913, 591) sur la pratique sportive féminine harmonieuse et mesurée est déjà contredit par ses actes.

Elle est ainsi l’une des premières femmes en culottes (Bard, 2010) à enfourcher une bicyclette malgré les critiques et les regards désapprobateurs. Dès 1889, elle quitte les rues de Nancy et sillonne les routes de France et de l’étranger pour quelques petites randonnées telles que Nancy-Naples, Nancy-Bordeaux ou Nancy-Milan avant de s’attaquer en solo, du fait de l’interdiction officielle, à la vraie compétition : le tour de France de 1908. Le public, fasciné par les exploits des coureurs, apprend avec stupéfaction qu’une femme vient de parcourir la même épreuve.

La montagne incarne un autre terrain d’aventure. L’un des meilleurs guides de Chamonix, Camille Ravanel l’initie à l’alpinisme en lui faisant réaliser l’ascension de l’aiguille de l’M dans le massif du Mont Blanc. Entre 1903 et 1905, elle atteint différents sommets dont les aiguilles du Grand Charmoz et du Grépon et la Dent du Géant. En été tout comme en hiver, véritable "force de la nature", la jeune femme s’essaye aux sports naissants. Dans les années 1910-1911, ayant le privilège de l’antériorité, elle cumule les premiers prix de ski, de patinage, de luge et même de bobsleigh (Laget F. et S. & Mazot, 1982, 296).

C’est avec les sports aéronautiques, que s’affirme sa soif d’expériences vertigineuses et sa confrontation avec la mort. Née dans le dernier tiers du XIXème siècle, Marie Marvingt n’entend pas rester la passive spectatrice des transformations technologiques qui vont bouleverser le siècle à venir. "L’amour du voyage en plein ciel" la pousse à s’inscrire à l’aéro-club de l’Est pour faire l’apprentissage de l’aérostat. Le 16 juin 1901, elle est la seule Française à obtenir son brevet de pilote de sphérique. Neuf ans plus tard, elle entre dans la légende de l’aérostation (Robène, 1998) en étant la première femme à réaliser le 26 octobre 1909 la traversée de la Mer du Nord dans le sens France-Angleterre10. Cet exploit non contestable à l’examen des sources (Rio, 1913, 590), faillit lui coûter la vie. Il lui assure désormais malgré son sexe la notoriété.

Enfin, l’épopée sportive de la Nancéenne trouve son aboutissement avec l’aviation. Comme un certain nombre de femmes de sa génération, Marthe Niel, Elise Deroche, Hélène Dutrieu ou Jane Herveu, Marie Marvingt éprouve une affinité romantique pour "la bicyclette volante" qui hante son imagination. Elle passe son brevet de pilote à Mourmelon le 8 septembre 1910, alors qu’en quelques mois cinq aviatrices sont brevetées. A la fin du mois de novembre, en dépit des railleries et réserves masculines, elle gagne la première coupe Fémina (Laget et al., 1982, 275) sur son Antoinette et s’adjuge les premiers records officiels féminins de durée et de distance. Au delà de cet exploit sportif, l’aviatrice pressent l’avenir de l’aviation. Activité à risque par excellence dans ces années d’essais et de tâtonnements, l’aviation déclenche un engouement populaire et spectaculaire particulier. Le spectateur voue au pilote et encore plus à la femme-pilote transgressant les codes de bonne conduite et bravant la mort une forme de vénération. La presse prend rapidement conscience de l’attraction du public.

II. Une transgression médiatisée: la construction d’une figure de "femme intrépide".

En ce début de XXème siècle paraissent de nouvelles revues qui participent à la diffusion et à la promotion de la "femme active". Au cœur de la culture de masse naissante, les performances féminines passionnent l’opinion publique française et internationale. L’aventurière qui descend les chutes d’eau dans un tonneau, bat des records de durée en avion, traverse l’Asie centrale à pied, ou le désert à dos de chameau devient ainsi un support commercial, et concourt de fait à la propagation de valeurs inédites. Les nouveaux titres de la presse généraliste, sportive, féminine, le plus souvent illustrés, se livrent une concurrence redoutable toujours à l’affût de figures atypiques qui investissent un espace exigeant la prise de risque, la force ou la résistance, toutes qualités en rupture avec les normes socio-culturelles de la féminité.

La revue La vie heureuse publiée pour la première fois en 1902 concourt à la célébration de la nouvelle femme d’action. Par l’exemple de ces femmes aristocratiques, de ces destinées féminines brillantes, la revue ambitionne de divertir et de soulager "la femme laborieuse", en lui racontant les épreuves qu’une femme du monde doit aussi surmonter. On trouve ainsi dans les articles un descriptif des activités féminines (politique, art, sport, voyage….), des double-pages sur les saisons touristiques à Monaco ou Biarritz, la création du premier aéro-club féminin, des exemples de l’héroïsme féminin, les traversées d’intrépides nageuses, ou bien les récits d’ascension des femmes alpinistes. Pour autant, si la revue dépeint, à travers la femme active une Française énergique et courageuse, les articles n’entendent pas ériger un modèle de femme émancipée et féministe, en rupture avec ses devoirs familiaux. Jane Dieulafoy, qui représente par ailleurs l’archétype de la femme vivant une vie d’homme (jusqu’à en revêtir les codes vestimentaires), est ainsi présentée comme une anti-féministe.

"Détail curieux, Mme Dieulafoy n’est pas féministe et trouve ridicules les revendications des femmes qui brandissent le drapeau de l’égalité des sexes. Elle considère son cas comme une exception qu’elle ne souhaite pas se voir généraliser11."

La légitimité et l’utilité de l’action féminine sont mises en avant tout en gommant l’évocation individualiste et égoïste de l’entreprise d’évasion, a contrario d’un journal féministe comme la Fronde (Boulain, 2007), qui revendique explicitement la dimension émancipatrice du sport.

"(…) Humble institutrice comme la brillante mondaine pratiquent toutes aujourd’hui au moins un sport (…) car le sport a fait évidemment pour l’émancipation féminine bien plus que certains discours entortillés ou certains volumes soporifiques. C’est la propagande du grand air et de la santé, la morale du muscle (….)12."

La vie au grand air dont le premier numéro paraît en 1898 encourage également la propagation de la vie active et sportive, car la France est devenue "le pays du muscle par excellence". Le deuxième numéro du 15 avril 1898 développe un article sur l’escrime et la femme et critique ceux qui s’opposent encore, au nom de principes moraux obsolètes, à la pratique sportive féminine. L’intrépidité, le courage, l’exploit, attributs de la virilité (Vigarello, T3, 2011, 226) s’érigent en valeurs d’identification structurantes pour certains journaux féminins.

En novembre 1901, la revue Fémina initie pour ses lecteurs une chronique intitulée "Femmes d’hier et d’aujourd’hui". Parallèlement aux articles sur la femme à la montagne ou sur l’intrépide yachtswoman Miss Cox, le journal sensibilise ses lectrices au voyage d’exploration. La diffusion de photos accompagnant les articles donne à voir par exemple une femme à califourchon sur une selle, à la barre d’un voilier, aux commandes d’un avion… La figure de la pionnière, plus adaptée pour faire des émules, apparaît avec la mise en valeur du record féminin.

"La pionnière inaugure une lignée, rompt la ségrégation des espaces sexués, érige les femmes en sujet d’histoire et doit servir de modèle à l’ensemble du sexe. Elle s’oppose à la figure anti-féministe de la femme "exceptionnelle" qui par définition ne sera pas suivie ni imitée." (Rennes, 2007,512)

Issue d’un milieu peu fortuné, la trajectoire de Marie Marvingt illustre l’arrivée de femmes provinciales de moyenne bourgeoisie dans le milieu sportif. La compétition, qui privilégie à l’origine sociale la performance du meilleur, pousse sur le devant de la scène des cyclistes intrépides, des nageuses de rivière. Fille d’un fonctionnaire, Marie Marvingt renouvelle l’image de la sportive, plus proche de celle de la "femme d’action". Les photographies d’elle posant dans son ballon entourée d’hommes (Baron-Boilley, 2013, 62) ou grimpant dans une pente neigeuse en tenue montagnarde officialisent dans la presse la valeur de ses exploits. A la différence d’une sportive comme Hélène Dutrieu, certainement aussi brillante, Marie Marvingt présente des qualités avant-gardistes en matière de communication. Elle développe tous les moyens nécessaires à sa médiatisation et à sa promotion.

Journaliste, à partir de 1908 dans les publications Sport et l’Eclair de l’Est, elle tient la rubrique aéronautique et les chroniques littéraires et théâtrales et poursuit cette expérience en temps de guerre sur le front italien, puis lors de ses tournées en Afrique du Nord dans les années vingt. En possession de la carte de presse, sorte de sésame, elle a collaboré régulièrement à la presse régionale et nationale (L’Est Républicain, Courrier de l’Est, le Journal, l’Excelsior, le Petit Journal) et à la presse coloniale (la Vigie Marocaine, le Petit Marocain). Oratrice hors pair, elle maîtrise également les ressorts de l’écriture journalistique sportive et d’aventure qui consiste à tenir le lecteur en haleine et à transformer les champions en héros. Elle manie le récit avec habileté, mettant en scène le corps féminin dans un style vécu. Elle en a largement usé pour construire et perpétuer sa propre légende.

Le 15 mars 1910, la très masculine Académie des sports13 lui décerne à l’unanimité sa grande médaille d’or, lui attribuant une portée nationale, à même de vivifier le sentiment patriotique. Ernest Archdeacon, journaliste pour la Revue aérienne entend bien faire de l’exemple de Marie Marvingt, sans mentionner son statut de célibataire, le porte-drapeau de la régénération de la race française. Alors que le mot d’ordre social, au regard des considérations démographiques demeure : "des mères fortes pour des enfants forts", apparaît une nationalisation de l’expérience individuelle en même temps que s’impose la notion de record.

III. Ultimes transgressions: la guerre et l’aéronautisme, l’inventrice des avions sanitaires.

En 1914, rejetée officiellement comme pilote, l’infirmière diplômée entre dans les efforts de guerre comme nombre de ses compatriotes en tant qu’infirmière de la Croix-Rouge, institution à laquelle elle restera fidèle toute sa vie. Pour Marie Marvingt, il n’est pas question en cette période tourmentée de jouer les seconds rôles. Première, recordwoman, elle entend le rester. Mais il convient d’être utile, de servir, sens profond de l’activité humaine pour cette femme célibataire sans goût pour la maternité qui convertit sa disponibilité au service des causes humanitaires.

"Tout cela n’était qu’un entraînement. Au fond ça ne menait à rien. Ca ne m’intéressait pas. Je voulais me rendre utile, servir. Alors l’aéronautique m’a enthousiasmée. J’ai compris, surtout, qu’enfin il y avait dans cette voie quelque chose à faire14."

Dès le début de la guerre, lieu par définition de la suprématie virile (Corbin, Vigarello & Courtine, T2, 2011, 403) elle saisit toutes les opportunités pour se glisser aux avant-postes: pilotage, combats terrestres et alpins. Ainsi, elle parvient à remplacer le pilote blessé d’un bombardier et se trouve en situation de pilonner l’aérodrome allemand de Frescaty. Cet intérim au cœur des combats est exceptionnel, car jusqu’alors les seuls rôles pour les femmes en temps de guerre sont ceux de soutien moral ou économique (infirmières, prostituées, cantinières). Si la moitié des femmes médaillées de guerre le furent au titre d’infirmière, Marie Marvingt est jugée héroïque sur le champ de bataille et reçoit la croix de guerre 1914-1918.

Travestie en homme, elle s’introduit, grâce à la complicité de hauts dignitaires de l’armée (Cordier et al, 1991, 94), dans le bataillon du 42e de chasseurs à pieds sous le nom d’emprunt de Beaulieu. La supercherie n’est démasquée qu’après plusieurs semaines. Du fait de ses compétences en alpinisme et en ski, elle est appelée dans le courant de 1915 pour intégrer le 3ème BCA qui, dans les Dolomites en marchant ou à ski, porte secours aux troupes assiégées. Puis c’est en tant que correspondante de guerre que la jeune femme tente de percer les lignes sexistes et hiérarchisées de l’armée française. Lorsqu’elle demande à la préfecture de Lyon un visa pour se rendre en Italie, l’administration enquête :

"Melle Marvingt est très connue dans les milieux sportifs de notre région, dans laquelle elle a accompli un certain nombre de prouesses. Cette demoiselle a sollicité en mars 1914 l’autorisation de survoler les zones interdites du territoire français ; la guerre ne permit point de donner suite à cette demande. D’allures masculines, Melle Marvingt a des mœurs très libres, et bien qu’aucun fait précis n’ait pu être établi, sa conduite privée laisserait à désirer. Malgré cela son patriotisme ne peut être mis en doute." (Cordier et al, 1991, 98)

La question symptomatique des mœurs de l’aviatrice, soulevée par l’administration et mise en lumière dans cette enquête de moralité, illustre parfaitement les mentalités de l’époque. Les femmes qui par leurs actions : sports ou combats militaires, semblent déroger aux normes de la féminité sont promptement assimilées à l’archétype de la femme lesbienne et déconsidérées (Jauneau, 2009, 248).

Pendant la période de guerre, elle initie le premier corps des infirmières de l’air et dispense des cours de médecine aéronautique. Elle devient la première infirmière-pilote secouriste de l’air (IPSA). Car c’est bien en amont du conflit mondial, dès 1910, que cette femme avisée conçoit l’idée d’utiliser l’aéroplane pour accélérer le transport des blessés et sauver des vies humaines. Il s’agit d’utiliser l’avion comme une ambulance. Privée d’appui officiel, elle mène son projet avec obstination en s’appuyant sur le public qu’elle réunit lors de conférences. En 1913, elle explique :

"Mon rêve actuel, c’est de mettre l’aéroplane au service des blessés militaires. Mon avion sera un monoplan Deperdussin à trois places, actionné par un moteur Gnôme 100 HP et muni de télégraphie sans fil. (…) Pour le faire construire, je viens d’entreprendre une tournée de conférences à travers la France ; pièce par pièce, je ramasserai ce qu’il me faut et je réaliserai mon plus cher désir de Française. Ce sera une des grandes joies de ma vie !15»

En 1914, un dessin d’Emile Friant, peintre et président fondateur de l’aéro-club de l’Est est diffusé dans de nombreux journaux et revues représentant l’avion ambulance, "Capitaine Echeman". Au premier plan, Marie Marvingt assiste un médecin militaire qui donne des soins à un blessé. Cette croisade pour l’avion sanitaire occupe une grande part de sa vie. Avec la fondation en 1929, en co-direction avec Robert Charlet de l’association "Les amis de l’aviation sanitaire", l’appui de nombreuses publications dans des revues spécialisées, telle la revue aéronautique de France, elle progresse dans la réalisation de son projet et parvient à lui conférer une audience internationale.

Dans l’imaginaire collectif de la France des années vingt, la personnalité longtemps controversée de Marie Marvingt réunit désormais les caractéristiques nécessaires à la construction de l’héroïne (Cassagne-Brouquet et Dubesset, 2009,10). Après s’être distinguée par ses exploits sportifs, la prise de risque et l’obtention de nombreux records, Marie Marvingt utilise ses qualités de "combattante" dans la réalité même du premier conflit mondial, n’hésitant pas à s’exposer en première ligne. Dans une société dans laquelle héroïsme rime avec patriotisme, Marie Marvingt, par son attirance pour la carrière militaire, incarne une certaine forme d’avant-garde féminine, subtilement tempérée par son engagement comme infirmière. Ses contemporains lui témoignent pendant cette période une vraie reconnaissance et la présentent comme un exemple. En 1935 est ainsi créée une troupe des infirmières de l’air, composée de deux cents volontaires sous la figure tutélaire de Marie Marvingt présente au Bourget lors de la célébration de la première promotion. L’année suivante, Suzette O’Nil, infirmière parachutiste française, intègre la seconde promotion de ce corps d’élite baptisé Marie Marvingt16

Conclusion

L’enquête biographique contextualisée par le dépouillement et l’analyse d’un certain nombre de titres de la presse féminine, sportive et généraliste de ces années qui encadrent la première guerre mondiale nous autorise à tirer quelques conclusions relatives au parcours de jeunesse de cette personnalité hors du commun et à son influence sur les représentations des rôles sexués.

Marie Marvingt n’est pas "une femme comme toutes les autres". Au travers de sa liberté d’action, de son mode de vie original, de sa passion pour les sports et le risque, elle revendique et assume une image féminine virile en décalage avec les codes et les normes de son temps. La presse ne s’y trompe pas et la baptise "la fiancée du danger". Cette femme française sans mari, sans enfant, sans lien, bouscule les conventions. Pour exister en tant que sportive, Marie Marvingt a dû surmonter les interdits, masquer ou nier son identité en se travestissant. Ces expériences, qui attisent le trouble dans le processus de construction identitaire, génèrent de la violence par la perception du rejet. Ainsi, le sport et l’aéronautisme lui offrent, au-delà de la victoire sur l’adversaire et des records, le dépassement des limites, la transgression des normes sexuées. Son passage à l’acte repousse l’interdit dans une dimension de sacrifice qui fait fi de la peur et de la mort au moment de la guerre. Pour autant, son ambition relève surtout d’un défi individuel qui vise à investir voire conquérir le territoire des pratiques masculines pour conforter une position d’exception. Son courage subversif a été en quelque sorte rattrapé grâce à l’impact des médias par les discours féministes de l’époque. Elle, qui prétendait se singulariser, a œuvré indirectement pour le groupe et incarne pour une génération de jeunes provinciales issues de la moyenne bourgeoisie un modèle à suivre, une figure exemplaire. Car c’est le propre de la transgression que de faire éclore un être nouveau. Profondément révélateur, le courage de Marie Marvingt actualise sa position de sujet, de "citoyenne paradoxale" apte à vivre en être distinct parmi des égaux (Scott, 1998).

 

 


1 « Deux anciennes du pensionnat Sainte Chrétienne : « « la fiancée du danger » et la sœur Blanche », Le Lorrain, 11 mai 1950.

2 Marvingt Marie 1875-1963.

3 « Melle Marie Marvingt, depuis 60 ans, « fiancée du danger », Paris-match, le 7 mai 1949, pp.24-25.

4 Par le nombre d’exploits réalisés, dix sept records mondiaux et de décorations obtenues (30).

5Hélène Dutrieu est une sportive belge complète qui pratique l’athlétisme, le cyclisme, le motocyclisme, puis l’automobile et l’aviation avec le même succès et à la même période que Marie Marvingt.

7 Très rares sont les filles qui accèdent à un enseignement secondaire, alors que les lois Ferry sont tout juste énoncées. Elle poursuit des études de médecine et devient assistante médicale.

8 On se souvient de sa fameuse déclaration : « Les jeux olympiques doivent être réservés aux hommes (…) » Revue olympique, juillet 1912, p.111.

9 Rio Armand, « La fiancée du danger », Lectures pour tous, 1.4.1913. Volume 15 n°7, pp.584-592.

10 L’aérophile, décembre 1909.

11 « Madame Jane Dieulafoy », La vie heureuse, août 1903.

12 Raquette, « Sporting notes : le sport et la femme », La Fronde, 9 décembre 1897.

13 Rio Armand, « La fiancée du danger », op cit.p.585.

14 Marvingt Marie, « Les ailes féminines au service de la charité. » La Croix, 28 novembre 1931, p.1.

15 Rio Armand, « La fiancée du danger », op cit. p.592.

16 Eve, Supplément du journal, Le Journal, Dimanche 7 mai 1936.

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