Le comité olympique national italien et « l’athlétisme politique » pendant le fascisme

pp. 22-39

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Angela Teja

Université de Rome

Résumé

En assimilant et remodelant les pratiques sportives du XIXe siècle, le fascisme développa en Italie une idéologie que John Hoberman appelle «athlétisme politique», avec une définition originale de l'usage du sport, fait par le fascisme dans un but politique. Le fascisme, en effet, a conçu le sport comme un instrument des plus utile pour créer une nouvelle culture qui puisse normaliser la vie nouvelle de la nouvelle Italie. Ce régime voulait introduire dans la vie quotidienne des valeurs du sport bien caractérisées, ses différentes composantes (le courage, la force, le mépris du danger, la lutte, la combativité, la vitalité, l'action, les idéaux, l'héroïsme, l'esprit raciste etc.) pour faire du sport un moyen valable d'entraînement dans la construction de l'italien nouveau. Mussolini, lui-même, lorsqu'il exhibait son physique ou ses prouesses sportives, le faisait avec une intention de calcul politique. Avec l'étude de la transformation du Comité olympique national italien (CONI) pendant cette période, il est possible d'analyser la naissance du système sportif italien en général et (de « 'athlétisme politique » qui se substitua, graduellement, à la vision éducative du sport du premier fascisme dans ses organisations de jeunesse, en particulier de l'Œuvre nationale ballila (ONB).

Mots-clef : sport e fascisme, CONI, organisations juvéniles fascistes, système sportif

Absrtact

By assimilating and remodelling the sports practices of the XIXth century, the fascism developed in Italy an ideology which John Hoberman calls «political athletics», with an original definition of the use made by the fascism of sport for a political purpose.The fascism, indeed, percieved in the sport an instrument of the most usefulness for created a new culture which would have of to standardize the new life de new Italy. This regime wanted to introduce into the daily life some values of sports well defined, its various constituents (Courage, strength, contempt of the risk, fighting spirit, struggling, vitality, action, ideals, heroism, racial spirit, etc.) to go in for sport a valid means of training in the construction of the new italian. Mussolini, himself, when he showed his physical appearance or his sports exploit, made it with an intention of political calculation.
With the study of the processing of the Italian national Olympic Comitttee (CONI) of this period, it is possible to analyse the birth of the italian sports system generally and the «political athletics» which substituted itself, gradually, for the educational view of the sport of the first fascism in its youth organisations, in particular the national ballila work (ONB)

Key-words: sport and fascisme, CONI, fascist organisations of the young, sports system

En assimilant et réélaborant les pratiques sportives du XIXe siècle, le fascisme créa en Italie une idéologie que John Hoberman appelle « athlétisme politique » , avec une définition originelle de l'usage que le fascisme faisait du sport pour son but politique. Le fascisme en effet vitdans le sport instrument entre les plus utiles pour créer une nouvelle culture qui aurait dumodeler la « vie nouvelle » de l'Italie nouvelle. Ce régime voulait introduire dans la vie de tous les jours les valeurs du sport bien définies, ses différentes composantes (courage, force, dédain du risque, lutte, combattivité, vitalité, action, idéale, héroïsme, esprit de la race etc.) pour faire du sport un moyen d'entrainement pour la construction de « l'italien nouveau ». Mussolini lui-même, quand il exhibait son physique ou ses prouesses sportives, le faisait avec des intentions politiques calculées.

En étudiant la transformation du Comité Olympique National Italien (CONI) de cette période, il est possible d'analyser la naissance du système sportif italien en général et de « l'athlétisme politique » qui remplaça graduellement la vision éducative du sport que le premier fascisme avait eu à travers ses organisations juvéniles, en particulier l'Operanazionalebalilla (ONB) . Voyons alors globalement quelques épisodes de cette histoire.

Les premières transformations du CONI fasciste

Le CONI naquit avec une autonomie complète, venant de l'abandon, par le pouvoir politique . Le fascisme au début ne porta pas atteint à telle indépendance, car il ne voulait pas choquer par des excès révolutionnaires le monde sportif, surtout international, c'est-à-dire le CIO, le Comité international olympique. En outre, le régime préférait une politique de renforcement physique et moral des jeunes gens, et cependant il prit le plus grand soin de leur éducation physique, par l'entrainement militaire et une saine vie sportive récréative et de formation, mais non de compétition.

Cette politique sportive du premier fascisme ne conduisit pas à de grands succès aux jeux olympiques, même si l'Italie avait eu une certaine tradition à ce propos. Si aux Jeux de Paris (1924) les succès n'avaient pas manqués, à ceux d'Amsterdam (1928), à cause de la politique anti-sportive de l'ONB bien assise, les résultats déçurent.

Le premier à payer cher ces résultats fut LandoFerretti, président du CONI seulement trois années, qui avait été, entre les dirigeants, le premier à mettre le sport au service du régime. Quand il revint d'Amsterdam, il dut laisser le Bureau de presse à la Présidence du conseil des ministres où, après peu de temps, le même Bureau de presse du CONI se transféra. Ainsi il écrivit en Il libro dello sporten 1928 :

« Le sport est pour nous, surtout et avant tout, une école de volonté qui prépare au fascisme les citoyens conscients de la paix, les héroïques soldats de la guerre. S'il n'eût pas cette suprême valeur éthique de milice et de religion au service de la patrie, le sport serait une vulgaire contorsion de muscles, un divertissement de jeunes. [...] Se préparer; affronter la lutte; la conduire d'une manière chevaleresque; mourir pour vaincre, s'il est nécessaire, quand le commande l'honneur du drapeau, voici tout le cycle de l'éducation sportive et de son but suprême. [...] Si comme but immédiat l'éducation sportive se propose la santé physique et morale des personnes, elle a pourtant, comme destination naturelle suprême, l'honneur, la puissance et la grandeur de la patrie ».

Ce sont des mots emblématiques, car le fascisme était en train de faire passer l'Italie du sport éducatif à la seule compétition,considéré aussi comme un instrument de propagande politique et de soutien au régime même. On décida en effet de maintenir l'organisation technique et sportive qui existait avant, mais on voulait aussi « l'épurer des hommes en la renouvelant dans l'esprit, en l'accroissant de recrues et de moyens ». On avait eu les premiers signes en décembre 1925, quand le parti fasciste (Pnf) était intervenu pour nommer les cadres dirigeants sportifs, imposant des règles pour être éludans ces charges. Pendant l'assemblée générale du CONI en juin 1926, le sport fut défini comme « une armée prête à marcher au signe du chef du fascisme » , et en décembre de la même année il fut sous la dépendance du Pnf .

Le passage définitif à la nouvelle conception d'un CONI « fascisé » fut déterminé dans son nouveaustatut de 1927, qui fut promulgué directement par le Secrétariat du parti. Sur chaque fanion fut opposé le faisceau des licteurs (art.8). Le nouveau statut commençait avec les devoirs du CONI, qui constituaient à« coordonner et promouvoir les libres initiatives nationales dans le domaine de l'éducation physique et sportive et de les encadrer dans le complexe d'instituts anciens et nouveaux du Régime Fasciste » (art.1). Tous les dirigeants étaient nommés directement par le Chef du gouvernement sur proposition du secrétaire du Pnf, était cité un directoire qui comprenait outre le président, les représentants du Pnf, des Guf (les Gruppiuniversitarifascisti), de l'Ond (l'OperaNazionaledopolavoro) et des différents Ministères (Finances, Intérieurs, Guerre, Ed.Nationale etc.), et naturellement des Présidents des toutes les Fédérations sportives.

En outre, on créa une structure fédérale provinciale, dépendant directement des Secrétariats fédérales du Pnf, qui auraient exercé un contrôle politique plus attentif sur les dirigeants des sociétés sportives, organisé la propagande à travers le sportet créé de nouveaux établissements sportifs. Auprès du Palais des Licteurs on installa un bureau duquel le CONIdevait dépendre.

L'avancée du CONI dans la "Charte du sport"

Le nouveau Statut faisait du CONI un vrai appendice du parti, et l'on voyait d'une manière toujours plus évidente le contraste avec les autres organisations de jeunes gens au dehors du Pnf, tant que se délièrent les sociétés sportives qui dépendaient de la Fasci (la Federazione delle associazioni sportive cattolicheitaliane) et de l'Ymca (Young Mens Christian Association), plus desorganisations de scouts. Toutes associations qui auraient pu "voler" les jeunes au sport organisé par le fascisme.

Les différences arrivèrent tôt aussi avec les organisations fascistes mêmes. L'ONB devait s'occuper de l'éducation physique et sportive des jeunes entre 8 et 18 ans, avec des finalités qui ne cédaient jamais à la pure compétition. Même les établissements sportifs de l'ONB souvent n'avaient pas les dimensions selon règlement pour accentuer l'esprit absolument anti-compétition avec lequel on participait aux concours sportifs. Les Guf s'occupaient aussi de l'activité sportive de la jeunesse universitaire et l'Ond était la plus grande organisation sociale dans laquelle la recréation sportive occupait un rôle de premier plan. La Miliziavolontaria di sicurezzanazionale (Mvsn) aussi organisait ses concours avec un caractère typiquement militaire.

Le premier à chercher à mettre de l'ordre dans la multiplicité de ces organisations fut Augusto Turati, secrétaire du Pnf quand il succéda à LandoFerretti en 1928 et qu'il devint Commissaire du CONI. Celui-ci émis la « Charte du sport » (30 décembre 1928), qui constitua le premier fléchissement du régime à la formulation anti-compétition que l'ONB avait imposé à ses activités et à laquelle dans un premier moment on avait condescendu. Dans les nouvelles instructions, l'éducation physique des jeunes entre 6 et 14 années resta solidement dans les mains de l'ONB, mais pour le niveau suivant (entre 14 et 17 ans), le sport apparut à côté de l'éducation physique, même s'il fut réservé exclusivement aux sociétés affiliées au CONI. A l'ONB on fit la concession d'organiser des concours avec des règles particulières. Resta le principe qu'on ne pouvait pas faire partie de sociétés sportives si l'on n'était pas inscrit à l'ONB. L'entrainement militaire et ses compétitions furent confiés à la Mvsn. Le sport de masse, celui de travailleurs, fut confié à l'Ond. Les Guf auraient duappuyer leur activité sur les Fédérations du CONI.

Une autre donnée significative concernait le sport féminin: la Fédération d'athlétisme féminin cessait d'exister d'une manière autonome et elle passait sous la dépendance de la Fidal, la Fédération d'athlétisme tout court. Cela pouvait signifier une reconnaissance plus grande du secteur féminin, considéré digne de faire parti de la fédération majeur, mais en réalité il s'agissait d'un contrôle plus strict des femmes sportives à l'intérieur d'une structure masculine.

L'obligation de s'inscrire au CONI pour tous ceux qui voulaient participer aux compétitions, indiqua un clair changement de route qui aurait changé lentement la prééminence des aspects éducatif du sport (c'est-à-dire de l'idée inspiratrice de l'ONB) envers un "athlétisme politique" spécifique. Dans le même temps il naquit un principe démocratiques: les fédérations les plus riches aurait dû aider les autres. L'art.8 disait en effet: « Le Secrétaire du Parti décide que les Fédérations sportives, à la fin de chaque exercice financier, doivent communiquer au CONI leur propre situation administrative pour d'éventuelles péréquations, que dans l'intérêt des spécialités sportives il considéra nécessaires » . On institua aussi une affiliation unique pour tous les inscrits à chaque fédération, qui avaient ainsi la possibilité de pratiquer d'autres disciplines La « Charte du sport » sorti quelque mois après la « Charte du travail », en s'insérant dans un précis dessin normatif totalitaire du régime . La Charte en tous cas pu très peu en certaines situations de confusion de rôles, car le monde du sport devint toujours plus varié et avec beaucoup d'intérêts.

Auguste Turati et la naissance d'un système sportif

Auguste Turati (1888-1955) ne fut pas le Président, mais le Commissaire du CONI entre 1928 et 1930. Homme politique remarquable, il fut dirigeant sportif et athlète lui même, comme escrimeur d'un bon niveau. De lui, il reste la mémoire du fameux défit au fleuret, sur un tapis au centre du Stade Flaminio, pendant les Jeux Mondiaux d'Etudiants de 1927, avec le champion françaisChaillou .

Bien que brève, la carrière politique-sportive de Turati fut plutôt dense. Secrétaire du Pnf en 1926, il eut différentes présidences: celle de la Fédération de Tennis (1927-1928), de l'Athlétisme, de la Gymnastique et de l'Haltérophilie (entre 1929-1930). Il fut Commissaire de la Fédération de basket et de celle des Médecins du sport en 1930. Dans les années 1931 et 1932 il dirigea aussi le journalLa Stampa. Il fut expulsé du parti à cause de grave accusation sur sa vie personnelle et il fut exilé à Rhodes jusqu'en 1937. Quand il revint dans sa patrie, il n'eut plus de charges d'unegrande importance, au contraire il prit ses distances par rapport aux décisions les plus graves du fascisme (la guerre et la République sociale italienne).

En 1927, pendant un congrès de dirigeants de l'ONB à Naples, il démontra avoir bien compris l'esprit de cette organisation:

« N'avez vousêtes vous pas demandé pourquoi le Duce avait confié l'ONB à Renato Ricci, plutôt qu'à des hommes qui avaient écrit des traités d'éducation et de pédagogie ? Le Duce a voulu que ce jeune qui a fait la guerre, qui a fait le Fascisme de la veillée, qui a fait la révolution, qui est entré dans la bataille politique encore jeune, fut le chef de cette Oeuvre de jeunes. Le problème terrible est celui de maintenir notre psychologie d'hommes de la révolution et d'avoir en même temps le sens des responsabilités qui est nécessaire » .

En 1930 Turati fut coopté comme membre du CIO (Comité international olympique) et l'on vit dans cette décision la volonté de reconnaitre l'Italie dans l'ambiance sportive internationale, dans la mesure où cette nation s'était ouverte à l'olympisme . Le régime commença donc à changer son opinion envers le sport et à créer un système sportif italien complètement nouveau.

Le CONI obtint des profits car il devint graduellement un centre unique de pouvoir pour le sport italien. La vision du sport éducatif et formatif se retira au deuxième plan et dans les années trente l'exaltation du sport de haut niveau mise en avant fut très utile à la propagande du régime. Pour souligner que chaque décision du Comité olympique était imprégnée par l'idéologie fasciste, il se suffit de souvenir que le « Prix di Licteur », créé par le CONI en 1927 pour la fédération qui ait eu des victoires internationales importante, ou le plus grand nombre de primats ou de membres de plus en plus nombreux ou pour « d'autres motivations dignes d'éloge », avec l'allusion à l'engagement politique de la fédération choisie .

En 1929 toutes les fédérations se transférèrent à Rome, pour un contrôle évident et centralisé du Pnf sur toute la direction sportive italienne. L'année suivante, Auguste Turati supprima les Instituts provinciaux fascistes, prévus dans le Statut du CONI de 1927 pour un contrôle plus attentifen marge des organisations sportives, mais qui se révélèrent peu actifs. De ce moment là la Fédération des faisceaux , avec ce bureau , aurait contrôlé d'un point de vue politique les organisations sportives provinciales. On choisit des hommes « de foi politique sûre » pour les postes de commandement.

En 1930, Turatitombé en disgrâce, ItiBacci fut nommé Commissaire extraordinaire du CONI et Achille Staracecelui de l'Ond. Le CONI était en train de devenir le seul centre de développement de la vie sportive italienne et la période de sa maxime « faschisisation » allait commencer. En mai 1932 son Président LeandroArpinati conduisit des travaux pour la révision de son statut. Parmi ses devoirs fut celui « d'harmoniser et de diriger tous les sports de formation d'une jeunesse saine, forte, chevaleresque » avec un « sensélevé de la discipline et de la fierté nationale » (art.2). Les présidents de fédération devaient être nommés par le secrétaire du Pnf sur la proposition du président du CONI (art.5), lequel à son tour était nommé directement par Mussolini sur la proposition du secrétaire du Pnf .

Dans le statut de 1932 nous trouvons une autre nouveauté importante: alors qu'avant les financements de l'Etat au CONI étaient calculés selon le pourcentage sur les impôts des spectacles publics, et s'ajoutaient aux cotisations d'affiliation des fédérations et d'éventuelles contributions privées, dans ce moment-là on pensaitque l'Etat lui-même devait verser chaque année 1.500.000 de lires . Le Comité de Présidence se substitua au Directoire précédent. Il était constitué par le président, le vice-président, le secrétaire général, le trésorier, lesquels pouvaient être choisis aussi en dehors du Conseil national, et par les membres italiens du CIO (art.11). Évidemment on avait pris cette décision pour développer les rapports avec la plus grande Institution sportive internationale, quand le régime eut compris la nécessité d'utiliser le sport comme véhicule de propagande à l'étranger. L'événement sportif est considéré comme un moyen suprême pour guérir des incompréhensions entre les nations ou pour accentuer les positions de force.

Ces années furent cellesde l'exaltation la plus grande du sport de haut niveau et les athlètes furent les vrais ambassadeurs de la politique fasciste au-delà des frontières. Les jeunes furent poussés à s'inscrire dans les sociétés sportives et les champions italiens eurent l'occasion de s'affirmer plusieurs fois au niveau international.Avant tout à Los Angeles en 1932, qui fut la preuve la plus clair que la politique sportive du régime était changée et qu'elle avait donné un large espace à la préparation de ses champions, en considérant la victoire sportive comme une expression d'honneur national et également un moyen pour gagner du prestige dans le monde.Le lendemain de la victoire américaine la liesse fut générale. Il Popolo d'Italia écrivit: « Il a vaincu l'italien nouvel [...] Nos athlètes se sont battus avec un courage « squadrista » [n.d.r. de milicien] contre tout le monde ».

 

En 1934, l'année où l'Italie fut championne du monde de football, reconnue au CONI la physionomie d'un Institut avec la personnalité juridique (RDM 26 février l934). Dans le Conseil général fut introduit un représentant du Ministère des Affaires Etrangères, pour souligner l'importance du sport au niveau international. En faisaient partie aussi un représentant du Ministère des Communications et un de l'Institut Luce, ce qui témoigne de l'importance que le régime avait toujours reconnu aux médias, surtout pour le cinéma, un moyen qui « parlait aux yeux », c'est-à-dire qui utilisait un langage compréhensible pour tous.

Dans le règlement intérieur figurent des bureaux importants qui devraient perfectionner l'organisation, avant tout le Bureau de propagande et presse, dépendant du Bureau de presse du Pnf, pour rédiger les communiqués de presse, contrôler ceux des fédérations, contacter périodiquement les papiers sportifs pour tenir au courant le public de l'activité, en coordonnant les nouvelles et "en évitant des contradictions" (art.5). RanieroNicolai, poète olympique à Anvers, en eut la première direction.

On constitua aussi une Commission d'établissements sportifs (CSI) avec la charge d'examiner et approuver les projets de construction ou de modification des établissements. Le rôle était celui de rappeler "que chaque œuvre sportive, de la plus modeste à la plus monumentale, est toujours un puissant et efficace moyen de propagande" (art.7) . Le texte officiel du CONI, sur la légitimité du contrôle de la CIS, spécifiait:

« [...] la CIS a le devoir d'interdire d'empêcher des fantaisies inutiles et des dépenses superflues, et dans le même temps suggérer tous ces amendements qui, même s'ils laissent à la conception architectonique de la liberté d'innovation, viennent pour l'encadrer en normes techniques et constructives définies, ainsi d'obtenir une effective, rationnelle utilisation [...] des établissements projetés, qui occurrent dans la pratique normale des sports... »Cette attentionapportée au système des établissements sportifs considéré dans ses aspects artistiques et architectoniques, en effet, ne resta pas théorique, mais demanda des engagements économiques et financiers considérables, faisant une différence entre le régime fasciste et les autres fascismes en Europe . A côté de ces mesures le CONIconstitua aussi des Archives avecpublications, photos, films sportifs, et un Bureau statistique pour recueillir tous les dates importantes au niveau national et international (art.8).

L'appareil du CONIfut donc de plus en plus complexe à cause de la centralisation majeure de ses pouvoirs qui se révélèrent ainsi considérablement développés.

En parallèlement avec d'autres interventions du régime pour la protection des citoyens, le CONI créa une Caisse interne de prévoyance (CIP) pour les sportifs, à laquelle appartenaient avec droit tous les inscrits au CONI quand ils versaient leur cotisation . La Caisse était financée par les gains de l'affiliation de toutes les fédérations et elle avait à sa disposition des médecins sportifs . En outre les athlètes de professions furent mis en contact avec les Compagnies d'assurance, pour rédiger des polices plus en rapport avec des conditions favorables. En lisant le compte-rendu d'une chronique radio du 1er décembre 1935 on peut mieux comprendre l'esprit de propagande avec lequel le régime avait créé la CIP :

« Le sport est souvent une expérience très dure à laquelle la jeunesse participe d'une manière volontaire [...] il nécessite souvent la témérité, l'efforce exceptionnel, l'esprit de sacrifice, le dévouement complet de ses propres énergies. Une phase quelconque d'une compétition peut exiger à l'improvise une action volontaire, inévitable, héroïque; et elle peut se transformer en accident. On risque à chaque instant sa sécurité personnelle; on vit, donc, selon les conseils du Duce de façon périlleuse ».

Toujours en 1934, une année donc qui devient clef dans l'histoire du CONI, on eut la première désignation des Médailles pour la valeur athlétique, à fin de susciter l'émulation des athlètes les plus dignes et en exalter la victoire. On institua aussi les « Etoiles du mérite sportif » pour les organismes qui avaient développé une activité sportive louable pendant deux années ou plus simplement pour les « fascistes » qui se seraient engagés pour cela pendant une période non inférieur à dix années. Ainsi commentait l'Annuario Italiano dello sport pr l'a.XIVe.f. :

« Le sport [...] est aussi sans doute une des importantes 'protections' du régime, qui le sauvegarde car il identifie en lui le centre sur lequel peut s'appuyer le problème de la santé de la race. C'est pour cela que le Duce institua des récompenses spéciales 'pour la valeur athlétique' et 'pour mérite sportif' [...] afin de distinguer moralement et aider matériellement ceux qui conquièrent un titre de champion mondiale et améliorent des records internationaux ou nationaux. »

Présidences emblématiques du CONI: Arpinati et Starace

LeandroArpinati eut une présidence importante (1931-1933) par le changement du CONI, suivit Achille Starace (1933-1939), qui compléta le dessein du fascisme: faire du sport une des armes de propagande politique les plus prodigieuses. Le système n'a été certainement éloigné des buts et caractéristiques de la période précédente – sport comme médecine sociale et comme entrainement de la nation en armes – mais il s'ait saurait converti àla tendance d'exalter le champion , à la compétition exagéré et instrumentée, au typhus, qui aura été un de points pour lui les plus controversés.

LeandroArpinati (1892-1945), une des figures les plus actives du monde sportif italien de cette période, il a été un des principaux partisans du changement de route qui porta le fascisme à accepter sans plus de réserves, le sport. Nous avons vu comme sa Présidence du CONI, entre 1931 et 1933, a été pleine d'événements qui ont déterminé d'importantes transformations à l'intérieur de l'organisme au sommet du gouvernement du sport et, en général, de la politique sportive en Italie.

Il venait d'une famille socialiste et il avait été le leaderd'un groupe anarchiste de son pays. Il avait participé à la nouvelle fondation du faisceau de Boulogne en 1920, chef plutôt violent, qui suivait une justice sommaire, comme pendant l'assaut de la municipalité de Boulogne le 21 novembre 1921. De lui Lo Sport fascista en 1929écrivit : « ...en peu d'heures il a vaincu le socialisme, qui tenait la glorieuse ville comme terre de conquête, il donna une vie nouvelle à la population et restaura l'ordre » .

Original, impétueux, téméraire, souvent il ne fut pas en ligne avec les positions orthodoxes du fascisme, et en tous cas il n'est pas facile de reconstruire sa biographie fidèle, car il laissa seulement de rares écrits. La motivation de sa chute en disgrâceest encore controversée, probablement due non tant au scandale lié à l'achat du journalIl resto delCarlino, quant aux âpresaccrochagesqu'il eut avec Starace. Il fut sans discussion le dominateur de la vie citoyenne de Boulogne, étant aussi Secrétaire de la Fédération provinciale fasciste de Boulogne. Il fonda deux autres journaux sportifs, l'Assalto, et le plus fameux Il Littoriale, future Il Corriere dello sport, qui contribuèrent tôt à lui faire la réputation d'un homme sportif.

Le 31 décembre 1926 il fut nommé « podestà » de Boulogne et successivement vice-secrétaire du Pnf au niveau national. Entre 1929 et 1933 il fut sous-secrétaire à l'intérieur, lorsqu'il avait déjà différentes charges politiques: la vice-présidence et après la présidencede la Fidal (1925-1929), la présidence de la FIGC (1926-1933), qui se déplaça de Turin à Boulogne et en 1928 à Rome, pour suivre Arpinati dans ses charges institutionnels. Il fut aussi président de la FIN (Fédération italienne de natation) de 1931 à 1933.

Enfin sa Présidence du CONI, la charge sportive la plus prestigieuse. Comme l'on voit, Arpinati eut un curriculum très respectable, dans lequel on doit insérer la construction du grand stade « Littoriale », mélange entre amphithéâtre romain et moderne établissement sportif. Dans le cadre duquel on avait posé la création d'un Institut universitaire d'E.P. qui survit seulement une année (1925-1926). Un Laboratoire de physiologie eut au contraire une vie plus longue et il aura Joué un rôle important pour le nouveau système sportif fasciste. A l'intérieur de ce laboratoire naquit un « Comité national de l'association médicale de culture physique », où Arpinati confia à Giacinto Viola, fameux expert en constitution humaine, le devoir d'étudier un nouveau profil morphologique athlétique, qui servit de contrôle médical. Ici la nouveauté respecte le passé: dans ce milieu en effet on parlait « d'éducation athlétique », non de sport ni d'E.P.

Arpinati était particulièrement sensible au phénomène sportif en tant qu'instrument de croissance et de formation de l'homme nouveau, tandis qu'il n'aimait pas le sport exagéré et aliénant. Pour lui la compétition devait être contrôlée dans ses méthodes, dans ses moyens, dans ses limites. Ces derniers devaient être indiqués par le médecin, et pour cela il parle de "culture physique" et de l'important rôle du médecin sportif. En trouvant l'appui de Turati, il donna de l'importance à son Comité en le transformant en une « Fédération de médecins des sportifs » à la fin de 1929.

Arpinati fit lepassage vers un nouveau modèle de sport, déjà affirmé à l'étranger, mais encore fortement combattu par Ricci qui au commencement des années trente était encore très influent. En réalité, le sport, comme l'on le comprenait à l'étranger, et comme les jeux olympiques déjà le démontraient, était une chose complètement différente de ce qu'on voulait exalter en Italie, avec d'autres résultats sur le plan de la propagande et de l'image. L'Italie avait besoin de se faire connaître, d'imposer sa propre image de nation forte et courageuse, puissante, même si ses « Balilla », fondamentalement des gymnastes (c'est-à-dire des athlètes complets et non spécialisés), n'auraient pu rivaliser à l'étranger comme des athlètes préparés aux Olympiades. Arpinati, avec sa présidence du CONI, se mobilisa aussi contre le « mur » de l'ONBafin que le sport avança, mais il voulut qu'il fût contrôlé, c'est-à-dire dosé dans des limites supportables par l'organisme humain.

Après les succès de Los Angeles (1932), quand l'Italie obtint la deuxième place après les USA pour les médailles, Arpinati vit sa fin politique et il se retira de la vie publique, à cause d'âpres conflits avec la nouvelle vedette, c'est-à-dire Starace. Le sport-compétition-propagande politique s'était presque imposé, sans plus aucun obstacle et Arpinati sembla dépassé.

Achille Starace (1889-1945) représenta dans la politique sportive fasciste un moment de sommet de l'idéal totalitaire que le régime eut à l'égard de l'approche des jeunes et de leur croissance et formation à travers l'E.P. et sportive. Pour le CONI il signifia un moment de la plus grandebureaucratisation, de création de services, de transformation dans les rapports entre les différents organismes, dans la seconde moitié des années trente, Mussolini fut ravi par la fascination que le sport de haut niveau pouvait exercer sur la personne et sur les masses. Starace devint ainsi le parfait exécuteur du vouloir du Duce, surtout quand il vit clairement le pouvoir médiatique du sport.

En 1921 Achille Starace était vice-secrétaire du Pnf. Il avait été parmi les « squadristi », les miliciens qui avaient détruit le siège de l'Avanti (le journal des socialistes) à Milan. Fidè »e exécuteur des vouloirs de Mussolini (qui l'appelait « le dogue de la révolution", pour la ténacité avec laquelle il résoudrait tous les questions, les plus épineuses que le parti lui confiait), quand il eut le secrétariat du parti en 1931.

Starace s'occupa d'une manière particulière du projet de faschisisation des italiens et de la construction de l'Italien nouveau qui encore, après dix années de dictature, éprouvait de la difficulté à prendre forme. De cette position, dans le bref espace de quelques années, il occupa tous les pointspivots du projet totalitaire du régime, parmi lesquels ceux afférents au monde de l'éducation physique et sportive des citoyensétaient nombreux. Il fut président du CONI (1933-1939), de l'Ond (1930), des Guf (1931), de la Gil (1937-1939), de la Mvsn (1939-1941).

Les contes sur sa personne sont nombreux et un occupe une place prééminente: son image tandis qu'il saut dans les cercles de feu ou bien au-dessus d'une haie de baïonnettes. Comme soutient Giuseppe Sircana:

« Starace est immanquablement associé aux manifestations les plus paroxysmiques de ce "style fasciste" qui prétendait s'imposer aux italiens et que lui-même personnifia avec un zèle fanatique et avec des résultats caricaturaux. Il reste à la fin l'homme des « directives » les plus absurdes et grotesques, le censeur de la "vie commode" et le partisan le plus convaincu du « vivre périlleusement ».

Mussolini même le mit de côté en 1941 quand il comprit la haine que les gens avait développée envers lui et envers le « staracisme » né en cette décennie-là de pouvoir. Sa parabole descendante le porta à être mal vu de tout le monde, des fascistes aux partisans, qui le tuèrent à p. Loreto à Milan, avec le Duce. En tous cas il fut un des protagonistes de la politique sportive du régime, de l'athlétisme politique qui sorti renforcé par le passage de l'ONB à la Gil - et donc au Pnf – avec une véritable militarisation des masses des jeunes. Les temps étaient changés et le nazisme était en train d'amorcer le processus irréversible de la guerre, et les jeunes italiens devaient être prêts. Mais il n'en sera pas ainsi. L'athlétisme politique n'aura pas porté les fruits espérés.

Arpinati et Starace furent pourtant les principaux artisans de la transformation du CONI dans les années trente. Ils figuraient aussi parmi les personnalités les plus influentes de la politique du régime. Cela pourrait signifier que le sport fut perçu à une certaine période, comme le point central du processus de transformation de la nation et comme un instrument politique puissant. Un lieu de potentialité, énergies, nouvelles tendances, de jeunesse, de vie, qui aurait montré son importance en tant qu'expression de la partie juvénile de la population, à laquelle le régime tenait par-dessus tout. Comme le nouveau Statut du Pnf, ratifié par Starace en 1932, voyait le parti « aux ordres du Duce, au service de l'Etat fasciste », ainsi le CONI avait été configuré afin qu'il dépendîtlui-même du Duce. Starace fut l'ouvrier de ce passage, celui qui assura que cette volonté fût respectée. Le parti visa de plus en plus à se lier et se confondre avec l'Etat et cette tendance fut confirmée par la transformation du secrétaire du Pnf en ministre secrétaire d'Etat (RDL 11 janvier 1937 n.4). En conséquence le sport aussi devint un « affaire d'Etat ».

Le sport au centre de la nation

La lecture des procès-verbaux du Conseil national du CONI qui paraissent dans les archives du CONIdans les années de la Présidence de Starace, pour paraître de nouveau dans l'après-guerre, nous aide à mieux focaliser le sport comme élément vital pour la nation. Dans ces procès-verbaux il transparaît que Starace eut l'intuition (et l'imposa) que le sport fût un tissu de connection pour les italiens qui portait la masse à s'identifier avec le champion, avec l'équipe ou le représentant national, en le rapprochant de l'idée de nation. L'exaltation du champion aurait pu aussi être utile à l'initiation au culte de la personnalité qui était très important pour le régime et pour l'image de Mussolini. Ainsi on aurait enfin mis de côté l'idée de Ricci que la tendance à exalter le champion puisse nuire à l'éthique de la nation et de ses citoyens. Starace exalta lui-même les enthousiasmes sportifs qui déjà à l'étranger avaient produit des fruits.

Dans sa première réunion du Conseil général du CONI (4 octobre 1933), Starace définit le sport comme un moteur qui devait être constamment mis au point, sans négliger aucun secteur: « Dans ma vie j'ai pratiqué presque tous les sports: natation, hippique, athlétisme, escrime et haltérophilie aussi. Je n'ai pas acquisde compétenceparticulière, mais je suis capable de juger. [...] On ne doit pas oublier que chaque acte, y compris ceux sportifs, est un acte accompli au nom de l'Italie fasciste ».

C'était la première fois qu'on disait officiellement dans l'ambiance sportive italienne qu'il fallait vaincre « à tout prix », comme si les athlètes n'auraientjamais dû vivre le sens de la défaite. On voit bien qu'il s'agissait de l'affirmation d'une liaison stricte entre sport et politique, c'est-à-dire, l'affirmation d'un athlétisme politique dont la naissance se positionne dans cette période.

Ces procès-verbaux s'arrêtent en 1939 . Leur dernier acte est celui de la réunion du Conseil général du CONI au stade du Pnf. On y aborde une quantité considérable de sujets variés. Le soutien de la candidature de Rome aux Jeux Olympiques de 1944, la politique raciste du régime (les lois raciales sont 1938) c'est à cette date que Starace les définit complètement (mais les procès-verbaux de 1938 manquent et celui-ci est le seul de 1939, et donc il manque d'autres renseignements sur les raisons invoquées), la renonciation au Tour de France car Starace interdisait fermement aux athlètes italiens de se mesurer avec les français (« les italiens ne doivent pas se contaminer au contact du peuple français »). « Nous espérons et nous souhaitons pouvoir rétablir au plus tôt les contacts avec le peuple français, mais avec des armes dans les mains » (pp. 22-23) et ceci, même au prix de devoir acquérir au préalable une voiture ou un motocyclette.

Le CONI eut sa loi en 1942, la n. 426 du 16 février 1942, qui porta à l'institutionnalisation d'une structure qui reste encore dans nos jours à la base du CONI. Dans sa récente réforme (D.L. 8 janvier 2004, n.15), en fait, tout le sistème sportif italien continue à lui être confié par l'Etat qui le finance chaque année.

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