A bas l’arbitre. Les errements d’une violence à maîtriser dans l’escrime de l’Entre-deux-guerres

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pp. 29-44

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Cécile Ottogalli-Mazzacavallo

Maitre de Conférences  -  Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport – Université de Lyon 1
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Les travaux de Norbert Elias et Eric Dunning (Elias, 1969 ; Elias et Dunning, 1986) font autorité pour démontrer comment la construction de la civilisation occidentale opère l’euphémisation et le contrôle de la violence dans la société en général et dans le sport en particulier. Pour eux, le sport est d’ailleurs un outil d’intériorisation de la norme sociale et d’apprentissage de l’autocontrôle des individus au service de la pacification des sociétés. Pour autant, il est parallèlement, le lieu et le temps d’un relâchement partiel et temporaire des émotions qui entraînent les sportifs dans une tension quasi schizophrénique où l’enjeu est de « réconcilier deux fonctions contradictoires : d’une part, le relâchement agréable du contrôle (étatique) exercé sur les sentiments humains, (…), et d’autre part, le maintien d’un ensemble de codifications pour garder la maîtrise des émotions agréablement décontrôlées » (Elias et Dunning, 1986, 64). La « résolution » (si tant est qu’elle soit possible !) de cette tension est le fruit d’histoires particulières propres à chaque activité sportive, chaque groupe d’acteurs, chaque modalité de pratiques. Ainsi, pour Dominique Bodin, Luc Robène et Stéphane Héas, « il n’est pas possible d’affirmer que le sport, au sens générique du terme, participe du contrôle de la violence à moins d’en définir très précisément les lieux et les modalités qui favorisent cette fonction »[i]. L’étude du cas de l’escrime durant l’Entre-deux-guerres s’inscrit dans cette perspective. Nous démontrerons que l’euphémisation de la violence physique acquise par le processus de sportification de l’escrime à la fin du 19ème siècle, est un processus dynamique, durable et parfois chaotique, qui « autorise », légitime d’autres formes de violence, verbales, morales, parfois physiques qui sont toutes le reflet d’un rapport de force visant à soumettre ou contraindre autrui. Certes, l’existence de ces violences ne remet pas en cause le principe de la recherche absolue de l’intégrité physique des sportifs[ii] (Bodin, 2004 ; Bodin, Robène, Héas, 2004), mais n’en sont pas moins ravageuses et néfastes pour le développement de l’activité ou la santé mentale des protagonistes. L’histoire de la sportification de l’escrime[iii] - qui accompagne la disparition des pratiques sociales de duel (Jeanneney, 2004) – reflète la dialectique entre euphémisation de la violence physique et transformation des formes de violence dans les limites du socialement admis et encadré. Les tournois d’escrime de l’Entre-deux-guerres illustrent parfaitement cela en devenant le théâtre d’oppositions « à corps et à cris » où règnent l’aléatoire arbitral et la contestation, provocation systématique des tireurs. Ce désordre institutionnel reflète les errements de la sportification de l’escrime avec l’existence de nouvelles formes de violences à maîtriser grâce à un renforcement de la réglementation et à l’avènement de nouvelles technologies de contrôle.

Les lacunes de l’arbitrage : une violence institutionnalisée

A l’aune de la Première Guerre mondiale, les dirigeants de l’escrime mondiale parviennent, après moult oppositions, à s’accorder, au sein de la toute jeune Fédération Internationale d’Escrime (Ottogalli-Mazzacavallo et Terret, 2009), sur les modalités réglementaires d’une pratique internationale de l’épée, du fleuret et du sabre. Pour autant, à la reprise des compétitions sportives en 1919, l’élaboration de règlements internationaux ne règle pas tous les problèmes. Outre les marges de manœuvre interprétatives d’un pays à l’autre, la rareté et l’incompétence des arbitres sont régulièrement pointées du doigt, si bien que le règne de l’aléatoire, du hasard et de la partialité domine au moment même où l’organisation de championnats nationaux et internationaux semblent de plus en plus indispensables pour développer le goût des armes parmi la jeunesse. « Il faut avoir le courage de le dire : les méthodes qui président aux jugements sont condamnées par le public et par l’immense majorité des tireurs »[iv]. Les récits d’injustice sportive se multiplient dans la revue internationale L’escrime et le tir, si bien qu’en juin 1922, Paul Grégorio interpelle le lectorat sur une éventuelle suppression des jurys en escrime. Foncièrement provocante, la question fait débat durant plus de six mois, occasionnant la prise de parole des uns (maîtres d’armes français et étrangers) et des autres (arbitres internationaux ou dirigeants de la FNE). Ces échanges contribuent à poser clairement les problèmes de l’arbitrage en escrime et surtout à envisager les modalités de construction de la justice sportive en escrime pour parvenir à plus d’égalité entre les tireurs. Les étapes de la transformation de l’art de l’escrime en sport sont ainsi posées. Pour tous, le constat est sévère : « Le jury tel qu’il fonctionne actuellement, dans de trop nombreux cas, ne donne pas satisfaction. Ce sont des hommes qui jugent, et ces hommes sont parfois incompétents, fréquemment trop compétents, bien souvent inattentifs ou comment dirai je … oscillants dans leur conviction »[v]. Au gré des tournois, des ententes ou des antipathies se créent et s’expriment au moment de l’arbitrage d’un assaut. « Les tireurs qui tiennent la corde vont et viennent autour du camarade qui tient la feuille de poule (…) et par la vertu des petites antipathies, c’est une entente entre P, Z et Y pour empêcher X de triompher »[vi]. Les renommées des tireurs, des maîtres et des salles deviennent si structurantes que les jeunes tireurs ou ceux qui n’appartiennent pas à des salles connues et cotées, sont nettement handicapés. Ils doivent alors donner des touches ne prêtant à aucune discussion, au risque d’un engagement trop physique susceptible de casser des lames et de mettre en danger l’adversaire.

Ce constat de la partialité des juges est un mal récurrent des années vingt, dont les manifestations sont dramatiques dans le cadre des rencontres internationales où l’honneur sportif national est en jeu. Ainsi, les résultats de chaque olympiade et championnats d’Europe sont suspects, entachés d’un doute de l’injustice et remettant fondamentalement en cause le principe de l’égalité entre les tireurs. Le mal est tel que le découragement menace : « moi qui ai la naïveté, à mon âge et malgré mes travaux, de faire du prosélytisme, je me disais : à quoi bon ! Ces gens-là finiront par la tuer. L’escrime restera un sport de salle d’armes, mais elle ne connaîtra pas, sauf de rarissimes exceptions, les brillantes manifestations extérieures qui, seules, peuvent lui amener la foule des adeptes. Eh ! quoi, ceux qui prétendent que l’escrime est un sport inférieur, parce qu’une décision peut toujours être contestée, auraient-ils raison ? »[vii]. Certains n’hésitent pas à répondre par l’affirmative à la provocation de Paul Grégorio. Oui, il faut supprimer les jurys ou du moins en minimiser l’influence afin de revenir à un système reposant sur le sens de l’honneur des tireurs et en appeler à leur loyauté pour l’annonce des touches qu’ils reçoivent, en les plaçant sous la vindicte des spectateurs. Ces propositions ne parviennent pas à penser les enjeux sportifs, géopolitiques et sociaux qui vont traverser l’escrime de l’Entre-deux-guerres. Ces arguments conservateurs figent irrémédiablement l’escrime dans la tradition, celle d’une morale aristocratique où l’honneur organise et codifie l’activité comme du temps du duel ancien[viii]. D’autres, au contraire, œuvrent à affirmer le rôle primordial de l’arbitre tout en cherchant à en améliorer, transformer les modalités de fonctionnement. Le réquisitoire prononcé par l’arbitre international Adrien Lajoux en 1926 est sans équivoque. La première qualité d’un juge est d’être sportif et pour cela de se dépouiller de sa personnalité, de ses préférences instinctives au risque d’être de mauvaise foi et par conséquent injuste. Si le juge « méconnaît cette grande qualité d’impartialité, il fausse complètement l’organe sportif et manque à son plus grand devoir »[ix]. Sur cette base, il peut ensuite œuvrer à sa tâche, à savoir observer, contrôler le respect des règles, relever les fautes commises ; en un mot « dire le droit » et ainsi contribuer à l’avènement de l’escrime comme sport : « Evitons toute personnalité, chassons de notre esprit toute idée préconçue, assistons aux manifestations sportives avec l’espoir de voir une belle lutte, d’applaudir à la combativité des adversaires, de manifester notre enthousiasme au vainqueur sans qu’aucune autre considération n’intervienne. Nous goûterons alors au cours de la rencontre, un plaisir d’autant plus vif que nous aurons conscience d’être maître de nous, d’apprécier les différentes phases qui se déroulent devant nos yeux avec un jugement libre, dégagé de toute contingence. Etre sportif, c’est être libre »[x]. Véritable talon d’Achille de l’escrime, il faut une quinzaine d’années pour optimiser la fonction de juge, grâce à de nombreuses réformes relatives au mode de nomination et de formation des juges, relatives au mode d’organisation et de fonctionnement des jurys pendant les assauts et enfin, relatives à l’invention d’un système d’assistance fiable à la décision du juge[xi]. Car, en fait, la partialité des juges n’est pas seule fautive et elle se trouve être le corollaire d’un autre problème : celui de leur rareté et de leur difficulté à exercer. Dans de nombreux tournois ou championnats, les organisateurs sont obligés de faire appel aux tireurs, quand ce n’est aux spectateurs. Les tireurs sont souvent juges et partis, si bien qu’une confusion des rôles s’opère rendant l’arbitrage particulièrement délicat. Certaines modalités de fonctionnement comme la décision partagée anonymement avaient alors pour seule fonction de protéger les jurés des reproches de leurs camarades. Après chaque touche, les cinq jurés se groupaient au centre de la piste en un conciliabule mystérieux dont la vue seule suffisait à énerver tireurs et spectateurs. Les jurés ont ensuite été tenus de donner leur avis à haute voix, sans quitter leur place, obligés ainsi de prendre la responsabilité de leur opinion si bien que certains présidents de jury « s’abritent derrière le vote de leurs assesseurs pour prendre la décision finale. Quitte à ajouter : ce n’est pas mon avis … attitude discourtoise pour les assesseurs »[xii]. Rien n’y fera et les appels pour protéger l’arbitre « des interpellations véhémentes, quelques fois grossières de tireurs qui ignorent ou oublient que la bonne éducation est une partie indispensable du bagage de tout escrimeur »[xiii] sont fréquents jusqu’à l’élaboration d’un manuel sur la façon de juger imposant des sanctions aux comportements incivils des tireurs. Lentes et laborieuses, ces réformes visant à minimiser la violence institutionnelle de l’escrime à l’égard des tireurs n’aboutissent qu’à la fin des années trente, laissant entre temps place à d’autres formes de manifestations violentes, celles des injonctions, des contestations, des provocations ou incidents des tireurs à l’égard des arbitres.

L’altercation verbale : une autre façon d’instaurer la hiérarchie

L’arbitrage est donc l’un des problèmes majeurs de l’escrime de l’Entre-deux-guerres. En 1930, René Lacroix exprime ses doutes sur le fait de pouvoir parvenir à une solution satisfaisante : « c’est qu’à l’encontre de bien d’autres sports, le jugement, en Escrime, demeure affaire d’appréciation …humaine. Or, rien de ce qui est humain n’est parfait. De plus, il est si facile, si tentant, pour le concurrent malheureux, d’imputer sa défaite au jury, ce galeux … etc ! (…) Même si les récriminations sont inexactes, et c’est le plus souvent, le tireur malheureux finira par se prendre à ses propres doléances. A quoi l’encouragent fortement ses camarades de salle, du moins ceux qui ne tiraient pas dans la même poule »[xiv]. Ainsi, durant toute la période, la violence verbale et morale (parfois physique) à l’égard des arbitres est importante. A cause des hésitations, des contradictions dans les jurys, les tireurs, tout comme le public sont mécontents. « Les questions nationales, de salle, de ville, d’amitié, s’en mêlent et le résultat est une confusion certaine donnant lieu, pendant des semaines, des mois et des années, à des discussions, des récriminations, des rivalités sans fin »[xv]. A plusieurs reprises, ces querelles nées du mécontentement justifié ou non des vaincus, faillirent aboutir à des scissions internationales à une époque où s’organise un nouvel équilibre des pouvoirs entre les pays d’Europe (Berstein et Milza, 2002). Sur la piste d’escrime, les conflits entre les Italiens, les Français et les Hongrois - trois pays à l’origine de l’escrime moderne – sont non seulement réguliers mais particulièrement exacerbés dans le contexte de l’Entre-deux-guerres[xvi]. Fruit d’une opposition historique entre les écoles d’armes (Ottogalli-Mazzacavallo, 2008), ces tensions s’amplifient après guerre avec la dégradation des relations internationales entre les pays et la mise en place de politiques sportives nationalistes (Ottogalli-Mazzacavallo, Saint-Martin, Terret, à paraître). Touché par une sortie de guerre, particulièrement humiliante, le régime italien met en ordre de marche ses sportifs - dont les escrimeurs - pour restaurer un peu de la suprématie italienne (Teja, 1998 ; Arnaud et Riordan, 1998 ; Bolz, 2007). Ces conditions géopolitiques couplées aux difficultés institutionnelles et réglementaires de l’escrime constituent un terreau de choix pour l’expression des nationalismes et l’explosion d’incidents. Point d’orgue d’une stratégie défensive, ces derniers ont pour but de discréditer la légitimité des résultats sportifs afin que les tireurs, les nations ne perdent pas la face, l’honneur. La philosophie des sports modernes, construite sur le sens de la hiérarchie et du classement, est ainsi mise à mal par ceux qui ne supportent pas d’être détrônés. Les démonstrations ne manquent pas durant la période, mais les incidents de « l’affaire Puliti » aux Jeux olympiques de 1924 (Terret, 2008) et celui des championnats d’Europe de Liège et Vienne en 1930-1931 sont caractéristiques.

Les Jeux olympiques de Paris en 1924 sont l’occasion d’affirmer « les champions du monde ». Les tireurs italiens et français sont bien décidés à démontrer leur suprématie. Dès le début du tournoi d’escrime, pendant la finale de fleuret par équipe le 30 juin 1924, les tensions sont vives entre les quatre équipes sélectionnées : la France, l’Italie, la Belgique et la Hongrie. Les Italiens sont nerveux et discutent régulièrement les décisions de l’arbitre. Une étincelle survient lors du match entre Lucien Gaudin et Aldo Boni avec une décision du jury qui déplait  fortement aux tireurs et capitaine de l’équipe italienne. Immédiatement les Italiens contestent la décision alors que des protestations violentes commencent à fuser parmi le public. Face au maintien de la décision, l’équipe italienne quitte l’épreuve au son de l’hymne fasciste. Le lendemain, en l’absence d’excuse de l’équipe italienne, tous les tireurs sont sanctionnés par une disqualification pour l’épreuve de fleuret individuel d’où le titre de L’écho des sports du 1er juillet 1924 : « une manifestation fasciste … avec purge ». Les incidents se poursuivent en fin de tournoi avec les manifestations violentes de ce qui deviendra dans les archives du Comité International Olympique, « l’affaire Puliti » (Terret, Ottogalli-Mazzacavallo, Saint-Martin, 2007). L’affaire débute le 16 juillet 1924, lors des éliminatoires des épreuves de sabre individuel. Alexandre Posta, (tireur hongrois et futur champion olympique de l’épreuve) est témoin d’un échange entre le tireur Puliti et le maître Santelli remettant en cause la compétence d’arbitre de son compatriote Kovacs (celui ayant été pris à partie le même jour par des tireurs italiens en dehors de l’enceinte olympique). Le lendemain, lors de la finale, les tireurs italiens sont accusés, par le juge hongrois Kovacs, de protéger le goal-average de leur favori, Oreste Puliti. Celui-ci s’offusque, insulte et menace le juge. Là encore, toute l’équipe italienne se solidarise et abandonne le tournoi de sabre. Transformé en incidents sportifs et diplomatiques de première importance (Bretin, 2008), le conflit se solde par l’exclusion du tireur Oreste Puliti du circuit jusqu’au 30 octobre 1927[xvii].

Les championnats d’Europe d’escrime, organisés à Liège en 1930 et à Vienne en 1931, sont, comme en 1924 à Paris, le théâtre de nouvelles manifestations violentes. Cette fois encore, la compétence des arbitres est en cause. A Liège, lors de l’épreuve de sabre, les insatisfactions sont telles que le capitaine de l’équipe Italienne, Mazzini (qui de plus est président de la Fédération d’Escrime Italienne), décide de retirer ses tireurs de l’épreuve à la fin des tours éliminatoires alors que ces derniers sont qualifiés pour les  demi finales. Débouté par le jury d’appel, puis dix mois plus tard par le Bureau de la FIE qui lui  inflige même un blâme, Mazzini décide de porter l’affaire devant l’autorité du congrès de la FIE pour recevoir des explications à ce qu’il perçoit comme une attaque personnelle. Le président de la FIE, Eugène Empeyta se justifie et fustige à plusieurs reprises l’attitude antisportive du capitaine italien, prenant en otage ses tireurs en se substituant à leur individualité, lors de la seule compétition internationale organisée par la FIE et faisant ainsi ombrage au travail collectif engagé par la FIE pour « chercher des solutions propres à créer une ambiance de forte camaraderie entre les escrimeurs »[xviii]. Indirectement, le président Mazzini est suspecté d’entretenir la discorde. Sa fonction de président d’une des plus importantes fédérations de la FIE constitue alors une circonstance aggravante rendant obligatoire la prise de position du bureau de la FIE « en déplorant l’attitude » de Mazzini. Ce premier incident se termine grâce aux appels à la conciliation de plusieurs délégués de la FIE qui ne souhaitent pas laisser trace de cet incident dans les championnats de 1930. Pourtant, convaincu de son bon droit, Mazzini menace : « Quand je vois un tournoi présidé de telle façon qu’il n’y a aucune possibilité d’être bien jugé, je retire les tireurs. Et je suis parfaitement décidé à les retirer demain également, si la même situation se présente. (…). Si un escrimeur n’a pas la possibilité d’être bien jugé, que faut-il faire ? Continuer à tirer et être mal jugé ? … voyant les tireurs italiens énervés, j’ai pensé préférable … Dans un autre cas, je n’interviendrai pas et j’attendrai que l’escrimeur, tout à fait énervé, fasse un geste très peu sportif »[xix]. Les menaces de violence passent à exécution trois semaines plus tard pendant les championnats d’Europe de Vienne de mai-juin 1931. Lors de la finale d’épée individuelle, Mazzini mécontent des conditions d’arbitrage retire de nouveau ses tireurs et en tant que président de la Fédération Italienne décide d’interdire à ceux-ci de participer à de nouvelles rencontres internationales. La violence, cette fois, vise moins l’arbitre que l’institution internationale. Le boycott s’affirme comme une nouvelle forme de violence à destination de l’institution identifiée comme coupable de l’incompétence de l’arbitre. La scission est éminente. Il faut toute la diplomatie française pour qu’à l’occasion du congrès exceptionnel du 2 novembre 1931, la FIE confirme non sa proposition initiale d’exclure le président Mazzini de la FIE, mais de reconnaître l’existence de torts partagés annulant toute sanction à l’égard des Italiens. Le temps est à la conciliation afin de « voir un rapprochement sans réserves entre toutes les fédérations (pour) servir utilement la cause de l’escrime »[xx]. Cette volonté de conciliation flirte avec l’omission dans la mesure où, cette fois, le silence est de mise. Finis les articles fustigeant l’attitude italienne avec la présentation d’un argumentaire étoffé. L’avenir de l’escrime passe par une sorte d’amnésie collective à laquelle tous participent : « Ces lignes ne sont pas un compte-rendu : vous savez comment la chose s’est terminée. Il vaut mieux l’oublier. Il y a des malentendus qui font un tord énorme à l’escrime et il faut les dissiper à tout prix »[xxi]. Les Italiens deviennent même les chantres de l’entente cordiale et de l’avènement de la sportivité entre les tireurs[xxii] sans pour autant renoncer à la dénonciation du mal de l’escrime : l’incompétence et la partialité de l’arbitrage. « Donnez nous Seigneur, des juges quotidiens ! Donnez nous des juges dévoués, honnêtes et compétents, en qui nous puissions avoir la confiance la plus absolue. Si un jour un de ces juges se trompe, dites le lui, mais ne protestez pas, mais ne le tuez pas. Errare humanum est »[xxiii]. L’attitude sportive des tireurs s’avère illusoire sans l’avènement d’un système d’arbitrage annulant l’incertitude, l’aléatoire de l’arbitrage. Dans ces conditions, l’attitude du tireur « rouspèteur » est acceptée socialement même si dans la majorité des cas, celui-ci a tord. L’escrime internationale n’a pas le choix, elle doit réformer profondément ses modalités de pratique : l’arrivée de la signalisation électrique lui en donne l’opportunité.

Le bouton marqueur électrique : l’espoir d’une violence maîtrisée ?

Pour pallier à ces manifestations de violence (soit celle de l’arbitre à l’égard du tireur, soit celle des tireurs à l’égard de l’arbitrage), seule l’adoption d’un système mécanique pour juger les coups et ainsi supprimer toute appréciation personnelle fait consensus. L’enjeu est de taille : il s’agit de matérialiser la touche et ainsi de supprimer définitivement les palabres des juges et les réclamations des tireurs contre les décisions du jury. Cet idéal d’un jugement exact et inattaquable n’est pas nouveau. Il suscite l’émulation dans le monde des armes depuis la fin du 19ème siècle avec tout d’abord l’invention de la pointe d’arrêt, puis du bouton marqueur de couleur. Mais les inventions de M Souzy avec l’épée électrophone en 1925, puis du maître Lézard de Nice, invention elle-même transformée et améliorée par l’ingénieur Pagan en 1928 sont nettement plus concluantes. Pour Armand Massard, il n’y a pas de doute, la signalisation électrique de la touche constitue la « pierre philosophale de l’escrime »[xxiv]. Attendu comme le messie depuis plusieurs années, l’appareil électrique de l’ingénieur Pagan recueille enfin tous les suffrages. « La véritable trouvaille de l’ingénieur Pagan consiste en ceci : en même temps qu’un coup touche un tireur, son courant coupe le courant adversaire, ce qui fait qu’à moins de simultanéité absolue, on n’entend qu’une sonnerie. Donc, aucune contestation possible »[xxv]. Sans aucun doute, les évènements de Liège et de Vienne en accélèrent l’adoption et la diffusion, si bien que c’est précisément à la veille du congrès exceptionnel du 2 novembre 1931 que la FIE demande à la Société d’Escrime de Genève d’organiser un tournoi avec l’utilisation de l’appareil électrique. Les premiers tests donnent entière satisfaction : « On se rend compte des avantages énormes que présente un pareil système : plus de discussions, économie de temps, un seul président assis, pas d’assesseurs qui masquent les tireurs au public, l’évidence de la touche pour les tireurs et le public, les tireurs obtenant leur classement uniquement suivant leur mérite »[xxvi]. Le tournoi international de Nice en avril 1932 emboîte le pas soucieux d’« assurer désormais aux tournois une régularité absolue, indiscutable, réduisant d’avance à néant les récriminations des mécontents les plus coriaces ». Le public peut être plus facilement convaincu par une escrime qui devient plus spectaculaire. Les tireurs ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes dans leur insuccès et conservent ainsi une sérénité qui, jusqu’ici cédait le pas à de véhémentes récriminations. « A maintes reprises, nous avons vu un concurrent, surpris d’un résultat qui lui eût fait maudire le jury, vérifier le bon contact de son épée après un regard furieux vers la lampe indicatrice. Puis, ayant constaté que tout fonctionnait bien, retrouver le sourire pour accepter sa défaite »[xxvii]. En canalisant la violence des plus célèbres « rouspeteurs », on peut le dire … l’escrime opère une véritable révolution et s’engage dans une nouvelle « ère de paix, de bonne camaraderie, de sportivité absolue »[xxviii]. Plus de mines faussement étonnées, ni d’exclamations destinées à impressionner les juges, plus d’injonctions spectaculaires et de provocations en duels au lendemain de la compétition … Pour le président Empeyta, la consécration est proche et une fois que les fédérations nationales auront acquis des appareils, la FIE donnera l’appui de sa haute autorité en imposant son emploi dans toutes les épreuves internationales. Du coup, même les dirigeants les plus timorés avant 1931 s’affirment convaincus de la généralisation prochaine de la signalisation électrique : « Avant peu, les champions qui tiennent à leur réputation, ainsi que les jeunes qui craignent d’être « barrés » par leurs aînés plus connus, ne participeront qu’aux épreuves où sera utilisé l’appareil électrique qui, de cette façon, s’imposera aux organisateurs soucieux de réunir les meilleures lames du moment »[xxix]. Ils ne se trompent pas et dès le congrès de la FIE en 1934, l’utilisation de l’appareil électrique est rendue obligatoire au tournoi de Nice et au championnat d’Europe. Pour autant, malgré les progrès liés à la matérialité de la touche et malgré la fréquence des discours de propagande diffusés dans la revue L’escrime et le tir, des polémiques réapparaissent rapidement. En cause, non le principe de la signalisation électrique mais les conditions individuelles de son opérationnalité. Car au-delà de l’appareil électrique, les tireurs deviennent responsables du petit matériel : lame émincée, fil de corps, tête de pointe, fiche de connection, etc… L’arrivée de l’électrique force les tireurs à un renouvellement de leur matériel alors même que les normes de construction et les fabricants font défaut. Incompétents techniquement pour la plupart,  les tireurs sont amenés à devoir monter et entretenir individuellement leur arme, ce qui pose de nouveaux problèmes d’équité, sans parler des utilisations frauduleuses que certains pourraient être à même d’orchestrer. Entre 1933 et 1935, deux médecins, les docteurs Galfré et Velin participent activement à des études techniques d’une grande précision pour obtenir un système fiable. Pour eux, l’appareil électrique ne peut avoir de prétention que s’il se montre parfait en offrant un jugement incritiquable. « Seule la perfection des systèmes arrivera à convaincre les adversaires de l’électrification de l’escrime et c’est l’approbation finale de nos détracteurs d’aujourd’hui qui sera le meilleur prix de la réussite »[xxx]. Pour cela, il faut répondre point par point aux attaques résumées par Franc de Barros[xxxi]. Un système onéreux ! oui, mais la justice en escrime a un coût. Des tireurs tenus en laisse ! certes, mais « n’est-ce pas mieux que d’être brimé, mal jugé, d’avoir des altercations, des rancoeurs et qu’il règne dans les tournois une atmosphère de « hargne » »[xxxii]. Des tireurs gênés ! certainement ceux qui ne peuvent plus faire jouer leur réputation ou leur charisme pour impressionner les arbitres. Bref, le système n’est pas parfait, mais qu’est-ce qui le serait à l’aune d’une innovation. L’alternative est simple pour les défenseurs du système : « Nous avons le choix entre deux modes de jugement : d’une part, les juges humains dont les décisions souvent erronées sont imputables à l’imperfection des sens dont disposent les hommes et aussi peut être à l’intervention inconsciente de facteurs d’ordre psychique. D’autre part, l’arbitrage électrique qui permet de désigner à coup sûr le tireur qui a touché réellement son adversaire et de décider du coup double lorsque les tireurs se sont effectivement touchés dans un intervalle de temps inférieur à 1/15 ou 1/20 de sec »[xxxiii]. L’alternative en est-elle réellement une ? Dès les championnats d’Europe de 1935, la FIE teste un appareil nommé « juges de paix », afin de vérifier la validité du matériel individuel sur des points comme la tension du ressort, la course de la pointe dans la glissière ou le mode de fixation de la pointe. Elle réalise une importante campagne de sensibilisation des tireurs avec l’intervention de 6 techniciens sur plus de 200 réparations. Elle rédige, puis améliore l’écriture d’un règlement pour l’utilisation de la signalisation électrique dans le but d’harmoniser les pratiques autour de normes techniques à l’attention des fabricants, de normes fonctionnelles et disciplinaires à l’attention des arbitres et des tireurs. Celui-ci arrive à maturité en décembre 1937 en proposant aux tireurs un cadre complet et clair pour le déroulement des épreuves sportives d’escrime. Organisation des tournois, armement, équipement, habillement, terrain, modalités du combat, jugement des coups, utilisation de l’électrique, ordre et discipline, tout est précisé afin d’offrir aux tireurs l’égalité absolue du jugement, afin pour contrôler la pratique et limiter les débordements des escrimeurs, afin de dire le droit de l’escrime. Ainsi, « par le seul fait qu’il s’engage dans une épreuve, le tireur prend l’engagement d’honneur de respecter le règlement et les décisions des juges, d’être déférant en chaque assaut et de défendre sa chance personnelle sportivement jusqu’au bout des épreuves, sans donner ou demander sa touche à qui que ce soit, de façon à obtenir le meilleur classement personnel possible, à moins d’impossibilités matérielle ou physique dûment constatées par le président du jury »[xxxiv]. Dans le cas contraire, le président de jury dispose à présent d’un arsenal de sanctions permettant d’exclure toutes formes de violence à l’égard du tireur, du jury, du spectateur ; d’exclure le tireur qui commet un acte vindicatif ou celui qui fait preuve de brutalité, de violences sur son adversaire lors d’un combat rapproché.

Conclusion

Dans l’exutoire émotionnel que constitue la pratique de l’escrime de l’Entre-deux-guerres, l’absence d’unité sur la définition des règles et de fait l’absence d’égalité entre les tireurs, constituent une violence institutionnelle, elle-même génératrice des comportements défensifs violents de la part des escrimeurs. Ainsi, dans le contexte géopolitique « tendu » de l’Entre-deux-guerres, l’expression du mécontentement par la contestation, la provocation, l’humiliation ou autres formes de violences apparaît comme légitime dans un système « sportif » en cours de construction. Cette violence « ordinaire » est même parfois considérée comme nécessaire à l’obtention de la justice sportive. Pendant cette période, la Fédération Internationale d’Escrime affirme alors son autorité en renforçant la codification de l’activité et les modalités de son application dans le but de contrôler les expressions affectives des pratiquants. Pour autant, en canalisant la violence verbale et morale des tireurs à l’égard de l’arbitre, son rôle est interpellé dans la résurgence d’une violence physique, suite de l’accident mortel des Jeux Mondiaux Universitaires de 1937. L’adoption de la signalisation électrique est mise en cause dans la « déformation progressive de l’art du combat »[xxxv]. L’accident mortel du jeune René Monal est perçu comme la conséquence d’une escrime où la recherche de vitesse prime, imposée par l’appareil électrique. « La violence avec laquelle les deux coups sont lancés est brutale, car les escrimeurs sont poussés à précipiter l’action afin d’acquérir sur l’adversaire un temps »[xxxvi]. En privilégiant l’efficacité de l’arbitrage et le contrôle de la violence verbale, l’escrime deviendrait confuse et convulsée, développerait un jeu brutal, inconscient et d’une « violence extrême ». Ainsi, la violence physique en escrime re-apparaît comme le reflet d’une augmentation de l’intolérance à la violence. L’escrime se voit de nouveau classer dans la famille des sports violents. Une nouvelle modification du règlement et plus largement, une nouvelle conquête, celle de la disparition des accidents graves et mortels.

Sans être en contradiction totale avec la théorie civilisatrice de Norbert Elias et Eric Dunning, l’étude de cas sur l’escrime de l’Entre-deux-guerres contribue à une histoire des formes de violences et des modes de régulations déployés par la communauté sportive. Nous confirmons alors le caractère pluriel, dynamique et relationnel de la violence. Ainsi, l’atténuation de la violence physique avec la sportification de l’escrime s’accompagne au départ d’une augmentation des violences verbales et morales sur la piste d’escrime. Celles-ci font progressivement l’objet d’indignations obligeant l’institution sportive (la FIE) à produire de nouvelles normes et de nouveaux modes de contrôle des comportements qui, à leur tour, rendent visibles et plus insupportables d’autres formes de violence comme l’accident sportif. Enfin, la violence est le fruit d’une relation et non une chose : « La caractériser comme relation, c'est dire qu'elle est une tension : elle suppose une relation de moi à autrui, de groupes collectifs entre eux, de nations qui se combattent »[xxxvii], c’est dire combien l’essentialisation des comportements est dangereuse.

Références

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Notes

Bodin, Dominique, Robène Luc, Héas, Stéphane, « Sport et civilisation : une violence maîtrisée ? », article consulté le 18 septembre 2009 à l’adresse : http://www.cafyd.com/HistDeporte/htm/pdf/2-6.pdf

[ii] Les relations sont cependant ténues entre l’existence de violences verbales, morales, symboliques et le passage à l’acte vers des violences physiques, visibles. Cf. Bodin, 2004. De plus, l’escrime, comme les autres sports est toujours sujette à des cas d’accidents entraînant la mort ou la blessure grave de tireur. Cf. Article sur l’accident du tireur Vladimir Smirnov lors des championnats du monde de 1982 dans ce même numéro.

[iii] La sportification de l’escrime ne fait pas encore l’objet de travaux universitaires. De multiples travaux historiques sur l’escrime émanent des acteurs même de l’activité depuis le 19ème siècle. Parmi eux, notons ceux d’Emile André, de Jean Joseph Renaud, de Pierre Lacaze ou plus récemment de Gérard Six. Au sein du CRIS de l’Université de Lyon, un travail est actuellement mené pour la rédaction d’une histoire des championnats du monde d’escrime, à paraître novembre 2010.

[iv] Grégorio, Paul, « Faut-il supprimer les jurys », in L’escrime et le tir, juin 1922.

[v] Mourre, Charles, « Faut il supprimer les jurys », in L’escrime et le tir, septembre 1922.

[vi] Grégorio, Paul, « Faut-il supprimer les jurys », in L’escrime et le tir, juin 1922.

[vii] Mourre, Charles, « Faut il supprimer les jurys », in L’escrime et le tir, septembre 1922.

[viii] Le juriste italien Andrea Alciati est l'auteur du premier livre codifiant la pratique du duel. Il précise la notion de point d'honneur et prévoit les réparations selon la nature des offenses. Plus tard, notamment avec l’ouvrage de Châteauvillard, un code de l’honneur s’institue pour définir les règles du duel. Enfin, au début du siècle, même les institutions fédérales s’inspirent de cette tradition en constituant des jurys d’honneur pour régler les conflits entre les tireurs.

[ix] Lajoux, Adrien, « Quelles sont les qualités nécessaires pour faire un bon arbitre », in L’escrime et tir, 1926.

[x] Idem.

[xi] Cf. développement de la partie 3 de l’article.

[xii] Lacroix, René, « Parlons un peu des jurys ! », in L’escrime et le tir, Avril 1930.

[xiii] Un escrimeur d’autrefois, « Le jury dans les tournois et les championnats : garantie dont on doit l’entourer, sa composition, son fonctionnement », in L’escrime et le tir, avril 1929.

[xiv] Lacroix, René, « Parlons un peu des jurys ! », in L’escrime et le tir, Avril 1930.

[xv] Gautier-Vignal, Théophile, « Choses d’escrime pour les spectateurs des tournois et pour les escrimeurs », in L’escrime et le tir, 1932.

[xvi] Les oppositions internationales se répartissent en fonction des armes. Ainsi, au fleuret et à l’épée, le rapport de force est franco-italien alors qu’au sabre, il est italo-hongrois.

[xvii] L’exclusion d’Oreste Puliti est décidée par le jury d’honneur du Comité International Olympique le 23 juillet 1924. L’escrimeur est rehabilité le 30 octobre 1927 suite à la demande de la Fédération Italienne d’escrime. Cf. Thierry Terret, Cécile Ottogalli-Mazzacavallo, Jean Saint-Martin, The Puliti Affaire, op. cit. 2007, 1281-1301.

[xviii] Congrès de la FIE du 8 mai 1931, Genève, p. 58.

[xix] Idem.

[xx] Compte rendu du congrès exceptionnel du 2 novembre 1931 dans L’escrime et le Tir, décembre 1931, p. 6.

[xxi] Nadi, Nedo, « Les Italiens aux championnats d’Europe », in L’escrime et le tir, août 1931, p. 19.

[xxii] Nadi, Nedo, « La préparation Olympique et l’Entente cordiale », in L’escrime et le tir, février 1932, p. 14.

[xxiii] Nadi, Nedo, « Les erreurs de jugement », in L’escrime et le tir, octobre-novembre 1931, p. 14.

[xxiv] Massard, Armand, « L’escrime sans juges … Aurait on trouvé le « bouton philosophal ? », in L’escrime et le tir, janvier 1929.

[xxv] Gautier Vignal, « Choses d’escrime », in L’escrime et le tir, janvier 1932, p. 12.

[xxvi] Gautier Vignal, « Choses d’escrime », in L’escrime et le tir, janvier 1932, p. 12.

[xxvii] Pélissier du Besset, Jacques, « Les grandes épreuves d’épée de la côte d’Azur », in L’escrime et le tir, mai-juin 1932, p.

[xxviii] Gautier Vignal, « Choses d’escrime », in L’escrime et le tir, janvier 1932, p. 13.

[xxix] Lacroix, René, « Une expérience concluante », in L’escrime et le tir, mai 1932.

[xxx] L’escrime et le tir, février 1935.

[xxxi] Barros de, Franc, « Critiques et idées … », in L’escrime et le tir, novembre 1935.

[xxxii] Velin, Elie, « Sur la signalisation électrique », in L’escrime et le tir, janvier 1936.

[xxxiii] Valentin, Paul, « Echange de points de vue sur la technique de la signalisation électrique », in L’escrime et le tir, mai-juin 1936.

[xxxiv] Règlement de la FIE, in L’escrime et le tir, décembre 1937.

[xxxv] Greco, Agesilao, « A la suite de l’accident de Paris, la réforme du règlement d’escrime s’impose », in L’escrime et le tir, décembre 1937.

[xxxvi] Idem.

[xxxvii] Wormser, Gérard, « Violence et Histoire, Evolution historique des représentations de la violence », in Sens Public, Revue électronique internationale. Article publié en ligne en mars 2008 à l’adresse http://www.sens-public.org/spip.php?article163