L’effet Smirnov en question ? Perception et impact des accidents fatals en escrime

Numéro 4 | Ethique et sport

pp.13-28

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Thierry Terret

Professeur des Universités  -  Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport – Université de Lyon 1
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Cécile Ottogalli-Mazzacavallo

Maitres de Conférences  -  Centre de Recherche et d’Innovation sur le Sport – Université de Lyon 1
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Le drame qui se déroule aux championnats du monde d’escrime à Rome du 15 au 24 juillet 1982[i] va secouer profondément le monde des bretteurs. Le 19 juillet, les quarts de finale de l’épreuve de fleuret par équipe opposent l’URSS et la RFA. Deux « athlètes au physique très dense et qui n’ont pas l’habitude de se ménager » sont alors face à face : Vladimir Viktorovitch Smirnov et Mathias Behr[ii]. A 12h 06 précise, la lame de l’Allemand se brise sur la poitrine de son adversaire avant de perforer son masque au niveau de la bouche, s’enfonçant alors de 15 centimètres dans le cerveau entre l’œil gauche et le nez[iii]. Vladimir Smirnov s’effondre, plongé dans un coma de second degré. Agé de 28 ans, il décède dans une clinique de Rome quelques jours plus tard, le 27 juillet, laissant une épouse et deux filles de 5 et 6 ans, Dima et Olga[iv]. Aujourd’hui, en Ukraine, un tournoi en sa mémoire a lieu chaque année.

Le décès de Smirnov eut un impact médiatique considérable. Au-delà de sa portée dramatique et mémorielle, il fut aussi à l’origine de nombreuses discussions au sein de la Fédération Internationale d’Escrime qui ne sont pas sans rappeler les débats qui ont traversé la communauté des escrimeurs depuis le début du XXe siècle. Comment le décès du champion a-t-il été plus précisément perçu et quel impact a-t-il eu à l’échelle de l’escrime mondiale ? Au-delà de son cas, l’analyse vise à mettre en évidence l’ambiguïté et les limites des discours des dirigeants de l’escrime sur les questions liées de la vulnérabilité et de la sécurité des tireurs.

Vie et mort d’un escrimeur

Vladimir Smirnov est né le 20 mai 1954 à Prokunino, en Ukraine où, après s’être essayé au hockey, au football et au basket, son potentiel d’escrimeur est repéré localement. Grand et athlétique[v], il passe bientôt entre les mains d’un maitre d’armes réputé, Victor Bykov, qui l’amène en 1977, à 23 ans, à un premier titre national qu’il conserve en 1978 et 1979, année où, avec l’équipe d’Union soviétique, il devient champion du monde par équipe[vi]. Peu après, lors des Jeux olympiques de Moscou, en 1980, la concurrence de ses camarades russes et de quelques Français est féroce, mais il décroche l’or au fleuret individuel dans une phase finale à suspens, l’argent par équipe au fleuret et le bronze à l’épée par équipe. Il s’impose dès lors comme le meilleur fleurettiste du moment, montant sur la plus haute marche du podium aux championnats du monde individuels à Clermont-Ferrand en 1981 ainsi que par équipe en 1980 et 1981. A l’approche des championnats du monde de Rome de 1982, il est considéré comme le grand favori au fleuret, malgré des résultats quelque peu décevants dans les épreuves du fleuret individuel[vii].

Ces championnats sont organisés à Rome par la fédération italienne d’escrime, à qui la fédération internationale les a confiés à la suite de la défection des Etats-Unis[viii]. Les Italiens, qui souhaitent faire de ces vingt-neuvièmes championnats du monde ceux du renouveau pour leur escrime, se donnent les moyens financiers de la réussite (Safra, 1982a). En dépit de délais raccourcis, tout est en place à temps et la logistique ne peut en aucun cas être incriminée dans le drame du 27 juillet 1982. L’arbitre de l’assaut entre Smirnov et Behr, le maître d’armes Français Thierry Brouquier, est pour sa part expérimenté. Quant aux équipements, on sait que lorsque l’accident se produisit, Tadeusz Fukala, le délégué de la commission de la Signalisation Electrique du Matériel et des Installations (SEMI) de la FIE, s’était rendu immédiatement sur les lieux pour prendre toutes les informations nécessaires à l’enquête. Il confirma dans son rapport du même jour que le masque, de marque Prieur, était neuf, contrôlé et conforme aux règlements. Quant à la lame brisée, rien en dehors de sa section et d’une trace de sang de 12 centimètres, ne permettait de mettre en doute sa qualité. L’équipement de l’équipe soviétique, contrôlé selon les procédures de l’époque, fut donc jugé de bonne qualité, mais cela ne suffit pas à éviter l’accident dans l’arme où les corps à corps sont les plus violents : le fleuret.

En ce 19 juillet, rien ne laisse donc présager le drame. Lorsque Vladimir Smirnov s’écroule sur la piste dans un cri, il est immédiatement évacué sans que ses coéquipiers ou les spectateurs ne soient informés de son état. L’équipe médicale des championnats pratique la respiration artificielle, le bouche à bouche et un massage cardiaque[ix]. Devant l’inefficacité des soins, l’escrimeur est transporté en ambulance à la clinique Sant’Eugenio proche puis, dans un second temps, à l’hôpital Agostino Gemelli d’où l’on apprend à 17h30 que son pronostic vital est réservé[x]. Toutefois, les responsables de la compétition ont fait reprendre les assauts qui s’achèvent par la victoire de l’équipe soviétique emmenée par Alexandre Romankov. Le lendemain, placé sous respiration artificielle, Smirnov entre dans un coma profond[xi]. Ses coéquipiers, transcendés par l’émotion, remportent les tours suivants face à des adversaires qui accusent le poids de la situation[xii] : Vladimir Smirnov, mourant sur son lit d’hôpital, devient champion du monde de fleuret par équipe[xiii]. Sa femme Emma, alors à Kiev, n’obtient pas l’autorisation de rejoindre Rome à temps pour ses dernières heures[xiv].

Dans la presse, les réactions sont immédiates et fortement convergentes. Elles présentent globalement deux caractéristiques. D’une part, les journalistes s’émeuvent du drame qu’ils décrivent avec tristesse et gravité. Ils rendent hommage à l’homme pour ses qualités humaines comme à l’escrimeur pour son talent (Renault, 1982d, 1982g). Le Times (29 juillet 1982) le décrit par exemple en ces termes : « He was a man who was dedicated to his profession and attracted the admiration of other fencers. In combat he was courteous, fair and never violent toward an opponent […]. As a fencer, he was widely regarded as a master of the art, and respected for his sportsmanship. In victory he was modest, and in defeat he was always quick to congratulate his opponent. He had a happy temperament, and it was rare to see him without a smile on his face ».

D’autre part, les  journalistes tentent d’expliquer l’accident par le fait que l’escrime est un sport de combat, que l’incertitude y règne et que tous les progrès technologiques ne pourront jamais supprimer totalement le risque (Leal, 1982a). En escrime, la mort serait sinon banale, du moins plus fréquente qu’ailleurs, sans que les responsabilités aillent plus loin que la fatalité. En France, par exemple, Jean-François Renault écrit ainsi : « L’accident dramatique de Vladimir Smirnov n’est malheureusement pas le premier qui arrive. Il faut comprendre que l’escrime est un sport de combat qui, évidemment, entraîne des contacts, d’une part, mais qui peut entraîner des bris de matériel d’autre part. […] C’est vrai, des hommes sont morts sur la piste. Des inconnus dans des salles, souvent par la faute de la fatalité, parfois de l’imprévoyance lorsqu’on utilise des masques mal tressés, des vêtements aux coutures déchirées, des gants ouverts. Il est même un Hongrois qui est mort électrocuté » (Renault, 1982b). Et le correspondant de l’Equipe de poursuivre alors par la liste des accidents les plus graves survenus depuis 1937, dans une sorte de litanie funèbre. Le même registre de commentaires et de bilans se retrouve dans Le Monde sous la plume de son correspondant à Rome, Jean-Marie Safra, qui indique sans ambiguïté : « l’accident survenu à Smirnov pose de nouveau la question de la sécurité en escrime » (Safra, 1982c).

Bientôt, les responsabilités sont recherchées. Le président de la FIE est fustigé pour son absence de réactivité et son silence (Renault, 1982h). Au-delà, la fédération internationale d’escrime doit alors essuyer les coûts. Accusée de laxisme et d’attentisme, son entêtement à ne pas vouloir imposer la poignée droite (utilisée par les escrimeurs français) au détriment de la poignée coup de poing (privilégiée par les escrimeurs allemands) est par exemple dénoncé par Jean-François Renault (1982f) dans L’Equipe, par Joseph Léal (1982c) dans Le Figaro et par Hilary Cawthorne (1982a) dans The Times[xv]. Jean-Marie Safra (1982c), pour sa part, s’interroge : « l’accident de Smirnov, à la personnalité et à la classe remarquables, aura-t-il fait comprendre aux responsables de la fédération internationale que l’heure des discussions stériles est définitivement passée ? ». Un son de cloche qui raisonne aussi dans Le Figaro : « L’escrime internationale deviendra-t-elle un jour un véritable sport des temps modernes ? Enfermés dans leur conservatisme, ses dirigeants refusent encore trop souvent de regarder les réalités bien en face » (Leal, 1982b). Le Times attendra cependant encore plusieurs mois - et le décès d’un escrimeur britannique dans les mêmes conditions que celui de Smirnov - avant de pointer la lenteur des transformations opérées par la FIE (Nicholson-Lord, 1983).

Les réactions de la FIE

Les dénonciations de la presse sont à vrai dire un peu rapides car le décès de Smirnov intervient dans un contexte où les mesures relatives à la sécurité des escrimeurs sont encouragées (Cawthorne, 1982b) et où les instances de l’escrime mondiale ne restent pas sans bouger. Immédiatement après les championnats, Roland Boitelle, président de la Fédération française d’escrime, demande ainsi par courrier à Gian Carlo Brusati, président de la FIE, de prendre des mesure urgentes pour qu’un tel accident ne se reproduise pas[xvi]. Quelques semaines plus tard, le 8 septembre 1982, une réunion extraordinaire est donc convoquée à Milan par le président de la FIE en accord avec Sidney Romeo, le président de la commission SEMI, afin d’étudier la question de la sécurité du point de vue technique[xvii]. La documentation photographique de l’accident de Wladimir Smirnov y est étudiée et débattue, afin de déterminer des causes possibles et des remédiations pour l’avenir. Douze solutions sont alors proposées[xviii] dont plusieurs sont immédiatement abandonnées pour des raisons économiques quand il s’agit de modifier l’ensemble des masques et gilets actuels ou des motifs liées à la nature de l’escrime quand l’hypothèse de l’utilisation d’armess en plastique est lancée. Tout en admettant « qu’il ne faut pas oublier que l’escrime est un sport de combat et présente ainsi des risques que l’escrimeur connaît sans que ceux-ci soient imputés à la fédération ou ces organismes représentatifs »[xix], la commission remet plusieurs pages de conclusions, qui renvoient à trois niveaux de régulation. L’amélioration de l’équipement défensif et de l’armement est le plus évident avec, par exemple, un débat sur la forme de la poignée dite « orthopédique », jugée dangereuse en comparaison des poignées italiennes et françaises, avec lesquelles le tireur ne peut pas tenir l’arme de façon rigide[xx]. L’ajustement réglementaire sur la manière de combattre fait aussi l’objet de longues discussions, les intervenants regrettant que l’escrime soit passée d’un art de la démonstration de techniques à un combat violent, fait de corps à corps et où seul le résultat compte. La nostalgie d’une époque révolue où l’escrime, à peine devenue sport (Six, 2007), était encore proche de l’éthique aristocrate de ses origines et des attitudes bondissantes et stylées de ses maitres historiques (Vaucelle, 2004), demeure vivace chez les dirigeants de la fin du XXe siècle[xxi]. Enfin, la commission suggère de rechercher un dispositif de sécurité à appliquer à l’arme[xxii]. Plusieurs fédérations font du reste des propositions en ce sens, mais c’est la fédération italienne qui réalise les avancées les plus significatives en ouvrant un concours public doté d’un prix de 20 millions de lires pour récompenser la meilleure invention d’un dispositif de sécurité en cas de rupture accidentelle de la lame[xxiii].  De son côté la commission médicale de la FIE prépare une enquête statistique sur les traumatismes et propose d’étudier l’application d’un système provoquant la rupture de la lame près de la coquille en cas de surcharge par choc.  

Après les débats techniques vient le temps des décisions, reportées en l’occurrence au 64ème congrès de la FIE, à Alghero, les 20 et 21 mai 1983. A la demande du président Gian Carlo Brusati, le congrès s’ouvre symboliquement sur une minute de silence solennelle en mémoire de cinq escrimeurs décédés dans l’année, dont un sur accident, celui de Vladimir Smirnov[xxiv]. De même, l’exposé du rapport moral par le secrétaire général Edoardo Mangiarotti débute par un rappel circonstancié sur le champion soviétique qui « a marqué son époque par cette constance au plus haut niveau, par cette alliance parfaite de technique et de physique qui en faisait le prototype du tireur moderne. Charmant garçon, le plus souvent souriant, il promenait dans la vie cette détermination qui le rendait si redouté sur les pistes. Smirno, en russe, veut dire à la fois tranquille et fixe. Ainsi il était »[xxv]. Sur les cinq points de l’ordre du jour à débattre, celui des « garanties de sécurité pendant les épreuves d’escrime, pour les armes comme pour l’habillement et pour la façon de combattre » est annoncé en premier et donne lieu à l’exposé du rapport de la SEMI. Bref, tout dans le congrès de 1983 indique qu’il est manifestement orienté vers les conséquences de l’accident de Vladimir Smirnov.

Pourtant, certains dirigeants ne se satisfont pas des propositions du congrès : « La commission médicale vient de parler de la sécurité. Personnellement, je suis insatisfait. En effet, quelles sont les décisions que le congrès a prises après les conséquences de la mort de Wladimir Smirnov ? Presque rien. […] Pourquoi par exemple la commission de la SEMI n’a-t-elle pas fait une proposition pour décider de l’obligation d’employer les masques les plus solides ? Deuxièmement, dans beaucoup de compétitions, généralement la gorge est presque sans protection. Pourquoi personne ne s’est-elle préoccupée de cette question ? Smirnov mérite que l’on parle et que l’on trouve des solutions plus importantes », lance l’Irlandais Klaus Dieter Guese sous les applaudissements des congressistes (idem).

Plus généralement, plusieurs experts s’inquiètent, après le congrès, des solutions susceptibles d’être mises en œuvre à la suite de l’accident de 1982. Raoul Clery, maitre d’armes français et historien de l’escrime, est de ceux-là. Dans un article remarqué de 1983[xxvi], il passe en revue de façon synthétique les cinq principaux leviers sur lesquels il serait possible d’agir : la lame, le masque, la poignée, l’arbitrage et le jeu.

La lame pourrait être alourdie pour réduire sa vitesse et sa force de pénétration. Une pré-cassure proche de la garde pourrait réduire les risques de la transformer en poignard en cas de brisure. De nouveaux matériaux, moins dangereux, pourraient aussi être utilisés. Le treillage du masque pourrait être modifié ; un casque en plexi glace de type motard pourrait même remplacer avantageusement les masques actuels. La poignée en elle-même n’est pas à incriminer, mais il faut réhabiliter le travail technique du poignet et des doigts. L’arbitrage doit être rendu plus strict et plus conforme aux règlements qui existent[xxvii]. L’escrime en général devrait redevenir un sport de techniciens et non une suite de corps à corps. En outre, l’apparition du système de signalisation électrique des touches a progressivement amené les tireurs à tenter des coups « impossibles à réaliser dans le combat réel » (Clery, 1983, 19) et à faire de la contre-attaque la stratégie dominante des assauts, avec tous les risques de provoquer des attaques simultanées et des chocs frontaux. Et Raoul Clery de conclure par une comparaison de l’escrime et du tennis, deux activités qui pour lui étaient également représentées au début du XXe siècle et dont l’une seulement a su se développer.

L’analyse de Raoul Clery n’est pas isolée : pendant plus d’une décennie après 1982, le cas Smirnov sera ainsi pris comme prétexte pour des débats sur ces différents aspects impliquant aussi bien la FIE que les constructeurs. Plusieurs modifications suivront, touchant notamment les règlements, les tenues, les matériaux (avec par exemple l’utilisation de kevlar dans la confection des équipements) et, surtout l’homologation des armes. Ce dernier cas mérite d’être détaillé car les difficultés de sa mise en œuvre permettent d’illustrer les enjeux de la suppression du danger en escrime.

L’exemple de la lame dans l’après-Smirnov

Tous les congrès de la FIE post-1982 placent explicitement la question de la sécurité à leur ordre du jour. La SEMI, toujours présidée par Sidney Roméo jusqu’en 1993[xxviii], y résume généralement les travaux préparatoires qu’elle a réalisés depuis le dernier congrès, notamment, pour ce qui concerne les lames, les enquêtes menées chez les fabricants et les expérimentations en cours. En 1985, la production des lames est encore jugée non totalement conforme aux recommandations et les expériences sur la forme optimale à leur donner ne sont pas achevées en Italie[xxix]. En 1986, les conclusions demeurent identiques en ce qui concerne l’acier de la famille « Maraging », désormais testé[xxx], mais cet alliage donnant finalement satisfaction quelques mois plus tard, les discussions se développent bientôt sur la nécessité d’imposer une homologation à tous les constructeurs de lame du monde[xxxi]. A partir de juillet 1994, la FIE est en mesure de diffuser une liste de trois sociétés autorisées à procéder à l’homologation des lames : l’Institut des chemins de fer italiens, la Sofranel France et la Visti Russie, l’homologation permettant aux constructeurs d’afficher le label FIE sur les lames pour cinq ans[xxxii]. Vladimir Husarek, PDG de la Sofranel, joue ici un rôle essentiel dès 1988, date à laquelle il est sollicité comme expert par le Bureau de la FIE pour le contrôle des fleurets et épées aux championnats du monde et Jeux olympiques. Sous son action, les instruments de vérification sont comparés et améliorés. Le contrôle en compétition, qui existait certes déjà, prend progressivement appui sur l’utilisation d’une sonde à courants de Foucault qui permet de vérifier les défauts de fatigue pour les armes ayant déjà servi (Husarek, 2009).

Pourtant, les fabricants et forgerons n’acceptent pas facilement les contrôles en amont[xxxiii]. En 1995, par exemple, seule une liste de 17 fabricants de fleurets en a accepté le principe : deux en Ukraine, sept en Russie, deux en Italie et six en France. Cinq fleurets seulement sont finalement homologués[xxxiv]. En outre, les relations entre Vladimir Husarek et le président de la FIE, René Roch, sont parfois difficiles[xxxv] et le premier se plaint de la lenteur, voire de l’inaction de la SEMI qu’il accuse de « se désintéresser de la sécurité des athlètes »[xxxvi] en n’envoyant pas les homologations réclamées par les fabricants. Une situation qui, souligne-t-il, favorise les contrefaçons.

Reste que, durant les compétitions, les contrôles sont bien là. Lors des Jeux olympiques de Moscou, en 1980, le SEMI vérifie 1027 armes et en juge 107 défectueuses, soit un peu plus de 10%[xxxvii]. Le pourcentage est du même ordre douze ans plus tard à Barcelone avec 13%. Aux championnats du monde de 1995, à La Haye, le pourcentage d’armess refusées tombe cependant à 8% pour les fleurets et 4% pour les épées[xxxviii]. Il est de 5% en moyenne à Pékin, en 2008.

La vigilance dont fait preuve la FIE dans les grandes compétitions est manifeste. Les contrôles sont nombreux et efficaces. Pourtant l’intensité des débats provoqués par le décès de Vladimir Smirnov de même que ses conséquences à court et moyen termes sont surprenantes, surtout si l’on considère avec un peu de distance la réalité de l’accidentologie en escrime. Ainsi, lors des travaux de mai 1969, la SEMI a récapitulé les accidents survenus de 1963 à 1968 dans les compétitions internationales et les principales rencontres nationales : 6 à l’épée sans suite, 11 au fleuret, dont 6 sans suite et 5 ayant provoqué une invalidité, 4 au sabre dont 2 sans suite, 1 ayant provoqué une invalidité et 1 mortel[xxxix]. Les enquêtes médicales disponibles confirment d’ailleurs toutes le caractère relativement peu accidentogène de l’escrime au regard des autres sports, malgré les limite d’études ne prenant pas toujours en compte le nombre de pratiquants (Vacher, 1969 ; Guillet et Genéty, 1973 ; Evered, 1976 ; Moyer et Konin, 1992 ; Roi et Bianchedi, 2008). Les accidents fatals sont en fait rarissimes : le Français René Monal lors des Jeux universitaires mondiaux à Paris en 1937[xl], le Finlandais Vartia lors des championnats du monde de Stockholm en 1951, le sabreur français Gilbert Touzard en 1955 et l’Italien Nizza en 1965, même si, peu après Smirnov en 1982, plusieurs autres décès sont à nouveau à déplorer : celui du jeune lieutenant britannique W.E.J. Warburn lors d’un entraînement dans son club londonien, le 15 juin 1983[xli], celui, l’année suivante, de Daniel Greggerson, un Allemand de 17 ans, ou encore celui d’Howard Travis, le 25 avril 1990, aux Pays-Bas.

Au niveau fédéral, l’après Smirnov semble finalement davantage marqué par des discussions que par des décisions. L’émotion qui a suivi le drame n’a pas entraîné de révolution réglementaire au-delà des expérimentations. Ce constat interroge, notamment quand, replacé sur le moyen terme, il apparaît comme relativement récurrent à l’échelle du XXe siècle.

Un discours récurrent

On l’aura donc compris, l’intense sensibilité des dirigeants de l’escrime mondiale en direction de la sécurité a probablement d’autres explications que la crainte d’un taux de mortalité anachronique qui ferait fuir les jeunes recrues[xlii]. En réalité, la passion de ces débats qui se retrouvent quasiment après chaque accident grave, semble plutôt indiquer que le risque est celui d’un ébranlement de l’escrime sportive dans son essence même.

Héritière en partie des pratiques de duel, l’escrime est familière de la mise en danger de l’intégrité physique des tireurs. Cependant, sa codification sportive à la Belle-Epoque ne produit pas un arrêt brutal des duels qui, malgré l’interdiction formelle de la loi, perdurent plusieurs décennies, notamment dans les milieux de l’aristocratie militaire masculine et les sphères politiques (Guillet, 2008). Pendant plusieurs années, défier l’adversaire sportif en rejouant le duel jusqu’au risque reste un acte de bravoure sportive et virile qui témoigne de la phase de transition en cours. Ainsi peut-on lire dans la Revue olympique de 1901 que des escrimeurs parisiens ont décidé d’ôter leurs vestes de protection tout en gardant leurs masques, en s'exposant torse nu « aux rudes caresses de la nouvelle arme à "pointe d’arrêt" »[xliii]. Le chroniqueur ne semble pas surpris outre-mesure de l'accident qui se produit quand la lame traverse, cette fois-ci sans dommage vital, le corps d'un adversaire. Or c'est contre cette banalisation de l'accident, du risque et de la mort que les escrimeurs sportifs veulent lutter. Il ne s’agit plus de se battre pour sauver son honneur mais de jouer à se battre pour établir des hiérarchies et des vainqueurs. L’instauration et le développement de l’escrime sportive au début du XXe siècle traduit le passage d’un art de l’attaque/défense dans le but de provoquer des blessures (duel au premier sang) ou même la mort à un art de la mise à mort fictive. La mort réelle doit sortir du registre du possible. Ne pas l’accepter reviendrait à engager l’escrime dans une voie différente, à l’écarter du monde sportif et, au regard du recul du duel, à l’entraîner vers sa fin. Comme l’indique alors en pleine conscience le maître d’armes belge Fernand de Smedt (1902), « le sport de l’escrime est et doit rester le plus inoffensif de tous les exercices virils. La cause de notre art en dépend ».

Depuis le début du siècle, les réflexions sur la normalisation du matériel et des règlements s’inscrivent dans cette volonté de rompre avec l’héritage du duel. Les critiques sur les lames trop flexibles, les vestes de salle non obligatoires ou inégalement taillées (trop courtes chez certains, trop larges chez d’autres), les masques non ajustés et trop vieux, se multiplient dans un contexte où la longueur et la légèreté des lames sont, en l’absence de réglementation stricte, des critères de performances. Les pratiques d’amincissement et d’allongement de la lame qui favorisent la vitesse sont dénoncées et les articles sur l’équipement de l’escrimeur recommandant les précautions à prendre apparaissent au côté des chroniques d’accident. Les bricolages des escrimeurs pour « économiser » un matériel trop coûteux sont évidemment dénoncés, tels ces « fleurets raccommodés à l’aide d’une feuille de fer blanc et de quelques gouttes de soudure, [rendant] la solidité de ces armes plus que problématique »[xliv]. A l’inverse, les innovations allant dans le sens souhaité reçoivent le meilleur accueil. Ainsi la lame sécurité, dite système Baudat, annonce en 1909 « la fin d’une hécatombe » (Foreau, 1909), grâce à un fer aussi dur et flexible que d’ordinaire mais traversé intérieurement par un fil d’acier flexible lequel, en cas de rupture, empêche le bout cassé de se séparer du tronçon. L’année suivante, en 1910, un nouveau masque rationnel d’escrime est proposé suite à des tests effectués à Paris par le laboratoire d’essai du conservatoire national des Arts et Métiers.

Avec la création de la FIE en 1913 puis, en son sein, les propositions de Paul Anspach et du Marquis de Chasseloup pour modifier les règles sportives afin de réduire les risques, l’escrime construit bien ses fondements sportifs sur la base de la sécurité des escrimeurs. Dès lors, tout accident lors d’un tournoi devient problématique en ébranlant le système fédéral dans son ensemble.

Est-ce une coïncidence si, après chaque décès mortel, on assiste à une réactivation discursive accompagnée d’une poussée de l’innovation technologique ? Le docteur Heckel développe par exemple en 1927 une longue présentation « des accidents d’escrime par rupture de lame » dans laquelle il fustige l’utilisation du mauvais matériel par les tireurs et plaide (déjà) pour l’ajout de nickel dans l’acier des lames[xlv]. De même le débat rebondit-il à l’occasion du décès de René Monal lors des jeux universitaires en 1937, en provoquant la dénonciation du matériel usé (Velin, 1937), des « nouvelles techniques » d’assaut qu’autorisent les lames extra-minces alors que « l’épée doit rester l’arme noble par excellence, maniée par des bras mâles » (Barros et Rateau 1937) ou encore de la signalisation électrique. En effet, en s’appuyant non plus directement sur le jugement de l’arbitre mais sur celui, supposé plus objectif, du contact électrique de l’épée sur le plastron de l’adversaire, l’escrime perd son essence pour les deux maitres d’armes : désormais, les tireurs ne se soucient plus d’être touchés pourvu qu’ils touchent leur adversaire quelques centièmes de seconde avant lui. Geste impensable qui, dans l’escrime de duel, se solderait par le décès des deux individus ! C’est d’ailleurs précisément ce qui a causé la mort de Monal, accuse le maitre italien Agelisao Greco (1937, 4) : « c’est le cas typique du danger réel auquel s’expose celui qui fait usage de la « flèche » : danger qui ne se présente jamais sur le terrain du duel car on n’a jamais vu un duelliste se lancer à corps perdu pour blesser l’adversaire, avec la certitude de trouver sur son chemin la pointe aiguë et inexorable de l’ennemi (…). La pointe d’une épée en ligne devrait conseiller la prudence et la prévoyance ; et cela signifierait faire de l’escrime, c’est-à-dire toucher et ne pas se faire toucher. (…) Le vainqueur sur la planche est tué dans la réalité ! Antagonisme atroce entre une fausse conception de la précédence de temps et les principes sains et réels de l’escrime ».

Conclusion

Le cas Smirnov a été fortement médiatisé. Les journalistes ont rapporté les faits ; ceux-ci ont même poussé quelques scientifiques à s’intéresser à leur tour à l’accidentologie en escrime (voir par exemple Crawfurd, 1984[xlvi]) Les études de cas ont été bientôt suffisantes pour produire des méta-analyses sur leurs causes et leurs effets (Zemper et Harmer 1996). pour, au final, contredire cette représentation de l’escrime comme sport violent et accidentogène. La médiatisation de l’accident a surtout provoqué de nombreux débats fédéraux sur la sécurité des escrimeurs, sans véritable impact au niveau réglementaire ou de l’équipement. En fait, mises en perspectives historiques, ces réactions semblent avoir simplement gagné en audience sans avoir modifié en substance la nature des débats développés après chaque accident depuis le début du XXe siècle dans les cercles d’escrime. Le processus de sportification en route depuis cette époque rend impensable la permanence d’une violence physique pouvant causée la mort ou la blessure grave d’un sportif. S’engage alors une course laborieuse à la sécurisation des assauts. La récurrence et l’ampleur des débats sembleraient ainsi plutôt témoigner de la permanence d’imaginaires contradictoires en escrime, les uns l’associant au duel – dans son jeu plus ou moins fictif à la mort –, les autres au sport – dans des formes théoriquement expurgées de toute violence. En réactivant ces tensions, le cas Smirnov aurait alors attisé une crainte institutionnelle : que l’un des fondements de l’escrime sportive – un combat d’où la mort est bannie – ne soit ébranlé en rapprochant l’activité du duel ancien[xlvii].

Références

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Notes

[i] Une première version de cette recherche a fait l’objet d’une communication non publiée dans Terret et Ottogalli-Mazzacavallo (2009). Elle a bénéficié du soutien de l’ANR PRAS-GEVU (ANR-08-VULN-001/PRAS-GEVU).

[ii] Selon L’Equipe du 20 juillet 1982.

[iii] La description de l’accident par les journalistes est généralement conforme au constat du rapport d’enquête. Cf. par exemple Renault (1982d).

[iv] Le gouvernement soviétique s’engagera à verser une pension aux deux enfants jusqu’à leur majorité. Lettre de  Gian Carlo Brusati, président de la FIE, à Juan Antonio Samaranch, président du CIO, 20 mars 1984, archives CIO, Lausanne. Voir aussi l’hommage que lui rend L’Equipe (Adieu Smirnov, in L’Equipe, 29 juillet 1982).

[v] Selon L’Equipe du 20 juillet 1982, Smirnov mesure 1,84m pour 82 kg. Selon L’Equipe du 29 juillet 1982, il mesure 1,93 m pour 90 kg. L’approximation des chiffres témoigne incontestablement d’une volonté de fasciner le lecteur.

[vi] Selon le site de la Fondation Internationale de Bienfaisance pour l’Avenir de l’Escrime : http://escrime-avenir.org/cntnt/fra/zvezdy_feh5/vladimir_smirnov.html, consulté le 8 juillet 2009.

[vii] Aux premiers jours des championnats, Smirnov ne semble pas au mieux de sa forme selon Jean-François Renault (1982a). Il est jugé fébrile par le correspondant du Monde (Safra, 1982b). Le Russe est d’ailleurs éliminé lors des repêchages du troisième tour en fleuret individuel (L’Equipe, 17 juillet 1982).

[viii] Procès-verbal du 61ème congrès ordinaire de la FIE, Paris, 22-23 mai 1980, archives CIO, dossier FIE-CIO

[ix] Gian Carlo Brusati, président de la FIE, à Juan Antonio Samaranch, Rapport sur le grave accident survenu à l’escrimeur Vladimir Smirnov, 21 juillet 1982, archives CIO, Lausanne. Samaranch, alors en déplacement en Amérique du Sud, ne répondra que le 26 août 1982, puis à nouveau le 4 novembre 1982 (archives IOC, dossier FIE-CIO).

[x] Communication de presse, Rome, 19 Juillet 1982, 17h30, archives CIO, Lausanne, dossier FIE-CIO.

[xi] Communication de presse, Rome, 20 Juillet 1982, 12h30, archives CIO, Lausanne, dossier FIE-CIO.

[xii] C’est du moins l’analyse de Jean-François Renault (1982c).

[xiii] Ses partenaires n’ont pas été informés de la détérioration de son état afin de ne pas être démobilisés dans la finale (Renault, 1982e).

[xv] Les Français tiennent la poignée de l’arme entre le pouce et l’index ; les Italiens valorisent la « poignée crosse » avec engagement de l’index et du majeur dans des anneaux situés derrière la crosse dans la technique allemande ; les Allemands utilisent la « poignée coup de poing » dans laquelle les cinq doigts sont pris, donnant ainsi aux assauts davantage de puissance.

[xvi] Lettre citée dans Revue olympique, n° 180, 1982.

[xvii] Rapport de la réunion extraordinaire de la commission de la SEMI tenue à Milan le 8.9.1982 sur invitation du comité exécutif de la FIE., archives du CIO, Lausanne, dossier FIE-CIO. Sept personnes participent à cette réunion.

[xviii] Réunion extraordinaire de la commission de la SEMI. Points à soumettre par le président de la FIE Gian carlo Brusati à l’attention des membres de ladite commission, sd, archives CIO, Lausanne, dossier FIE-CIO.

[xix] Réunion extraordinaire de la commission de la SEMI. Points à soumettre par le président de la FIE Gian carlo Brusati à l’attention des membres de ladite commission, sd, archives CIO, Lausanne, dossier FIE-CIO.

[xx] Observations sur les mesures à prendre afin d’augmenter la sécurité dans l’escrime par Monsieur Guido Malacarne, Président de la commission de l’Arbitrage, sd., archives IOC, Lausanne, dossier FIE-CIO. Ces débats rejoignent, on l’a vu, certains des éléments stigmatisés dans la presse.

[xxi] Indépendamment du fait qu’au XIXe siècle le duel était loin de se limiter aux seules classes favorisées. Voir par exemple Guillet 2008.

[xxii] Rapport de la réunion extraordinaire de la commission de la SEMI tenue à Milan le 8.9.1982 sur invitation du comité exécutif de la FIE., archives du CIO, Lausanne.

[xxiii] Procès-verbal du 64ème congrès ordinaire de la FIE, Alghero, 20-21 mai 1983, archives FFE. Voir aussi Revue olympique, n° 187, 1983. Le concours est lancé le 28 février 1983 pour 120 jours. Le second prix est de 15 millions de lires. Cf. lettre de Gian carlo Brusati, 18 février 1983

[xxiv] Procès-verbal du 64ème congrès ordinaire de la FIE, Alghero, 20-21 mai 1983, archives FFE. Les  autres décès ne sont pas liés à la pratique sportive.

[xxv] Idem.

[xxvi] L’article, traduit, est reproduit plus tard aux Etats-Unis dans American Fencing magazine.

[xxvii] Une demande de la FIE en direction du corps arbitral pour pénaliser sévèrement « toutes actions dangereuses, voire corps à corps, violence, flèches portant à la bousculade, etc. »  est d’ailleurs  faite assez vite après l’accident de 1982. Voir Circulaire n° 12, 18/09/1983, archives CIO FI-ESCRI-FIE-CI, 1979-1984, 77'832 SIM DGI 9591 : Circulaires de la  Fédération Internationale d'Escrime (FIE). 

[xxviii] Le fait qu’il soit ingénieur dans la vie civile n’est pas étranger à son expertise dans cette fonction.

[xxix] Procès-verbal du 67ème congrès ordinaire de la FIE, Paris, 23-24 mai 1986, archives de la FFE.

[xxx] Procès-verbal du 68ème congrès ordinaire de la FIE, Versailles, 5-6 juin 1987, archives de la FFE. Cet alliage à 18% de nickel et à très bas carbone est alors utilisé dans l’aéronautique pour ses qualités de résistance.

[xxxi] A raison de 10 lames (puis 3) testées par an et par constructeur. Procès-verbal du 74ème congrès ordinaire de la FIE, Paris, 27-28 juin 1993, archives de la FFE.

[xxxii] Procès-verbal du 76ème congrès ordinaire de la FIE, Paris, 14-15 juillet 1995, archives FFE.

[xxxiii] Vladimir Husarek, Exposé présenté à la réunion du 17 mai 1994 avec les fabricants de lames d’escrime, archives FFE.

[xxxiv] Vladimir Husarek, Résultats d’homologations de lames au 17 mai 1995, archives FFE.

[xxxv] Voir par exemple lettres de Vladimir Husarek à René Roch, 14 septembre 1995 (en réponse à un fax du 13 septembre) et 10 octobre 1995, archives FFE.

[xxxvi] Vladimir Husarek, fax recommandé à Miguel Manrique Smela, vice-président de la FIE, 6 mars 1998, archives FFE.

[xxxvii] Revue olympique, n° 174, avril 1982.

[xxxviii] Circulaire FIE n° 17, 8 septembre 1995, archives FFE.

[xxxix] L’accident mortel a lieu pendant une épreuve de pentathlon ; sa cause est imputable à un masque en mauvais état. Cf. circulaire 120, 2 mai 1969, rapport de la commission de signalisation électrique et du matériel avec récapitulatif des accidents (archives CIO FI-ESCRI-FIE-CI, 1965-1972, 77'829, SIM DGI 9589 : Circulaires de la  Fédération Internationale d'Escrime (FIE) ainsi que Procès-verbal du 50ème congrès ordinaire de la FIE, Paris, 22-23 mai 1969, archives FFE). Voir aussi à titre d’exemple Procès-verbal du 43ème congrès ordinaire de la FIE, Buenos Aires, 2-4 mai 1962, archives FFE, p. 15.

[xl] Son cœur est transpercé par la lame du Mexicain Hara Olivia

[xli] Circulaire n° 12, 18/09/1983, Archives CIO FI-ESCRI-FIE-CI, 1979-1984, 77'832 SIM DGI 9591 : Circulaires de la  Fédération Internationale d’Escrime (FIE)

[xlii] Des interprétations plus politiques liées au contexte d’un entre-deux-boycotts olympiques ne semblent pas décisives ici dans la mesure où les Etats-Unis sont alors loin de jouer les premiers rôles en escrime alors que l’URSS est au contraire à son apogée dans la discipline.

[xliii] Revue Olympique, n°4, octobre 1901. La pointe d’arrêt est une lame dont le bout, émoussé et plus volumineux, empêche théoriquement de transpercer l’obstacle.

[xliv] Les Armes, 1er octobre 1906.

[xlv] Article non référencé (probablement L’escrime et le Tir), 1927, Archives du musée d’escrime de Bruxelles.

[xlvi] Voir aussi British Journal of Sports Medicine, n° 30, 1996, pp. 265-266.

[xlvii] En réalité, le duel du début du vingtième siècle est très rarement mortel. Le rapprochement, purement spéculatif, relève donc clairement du mythe.